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Selon Oxfam et le FMI, les perspectives économiques en Tunisie et au Maroc sont mitigées

Deux rapports récents soulignent les défis que pose le développement d’une économie équitable et performante en Afrique du Nord. Alors que le Maroc et la Tunisie ont fait preuve d’une certaine volonté politique en annonçant des objectifs allant dans le sens de la promotion d’une société plus équitable, les structures des économies elles-mêmes constituent des obstacles à la création d’opportunités pour la croissance économique.

Par exemple, comme le souligne le média américain non lucratif Fair Observer, les schémas d’investissements nationaux sont biaisés en faveur des secteurs dans lesquels les gouvernements jouent un rôle dans l’octroi de subventions aux entreprises existantes, mais ne prévoient pas suffisamment de modalités financières et réglementaires permettant l’entrée sur le marché de nouvelles petites et moyennes entreprises (PME). Des politiques fiscales aux licences et aux politiques d’emploi, ces PME font face à des défis qui limitent les importations de technologies utiles et « retiennent les infrastructures informatiques indispensables en raison de pratiques monopolistiques permettant aux techniciens corrompus de tirer parti des nouvelles installations », note ainsi Fair Observer.

La Tunisie progresse-t-elle assez dans la mise en place des réformes ?

La situation politique critique en Tunisie a affecté les efforts du FMI – institution décriée en Tunisie en raison de l’austérité budgétaire qu’elle préconise – visant à renforcer la détermination du pays à aller de l’avant dans la mise en place des réformes nécessaires. Etant donné que l’économie reste fragile, le FMI a convenu que les élections à venir auraient un impact direct sur certaines réformes et qu’il serait préférable de différer certains des changements recommandés pour le moment.

Malgré le soutien des donateurs internationaux et l’assistance technique du FMI, la Tunisie accuse un retard dans la mise en œuvre des réformes convenues. Compte tenu de la tension actuelle entre le président et le Premier ministre, qui a bloqué certaines activités parlementaires, le FMI « ne voulait pas que le programme de réformes devienne l’otage des campagnes électorales », estime Fair Observer. Les incertitudes sur le climat sociopolitique et les limitations structurelles persistantes de l’économie, telles que l’accès au financement, l’intégration au système financier mondial, le taux de chômage élevé des hommes et des femmes et la « faible activité dans le développement de nouvelles entreprises », constituent ainsi les défis les plus complexes pour la Tunisie, note encore Fair Observer.

En Tunisie, la dette est un « fardeau » pour les générations futures

Les observations du FMI indiquent que « l’économie et la création d’emplois en Tunisie restent lourdement déséquilibrées. La croissance est trop dépendante de la consommation, tandis que l’investissement et les exportations ne sont pas suffisamment dynamiques. En outre, les dettes publiques et extérieures restent élevées et sur une trajectoire ascendante, elles génèrent des besoins de financement non productifs importants et un fardeau pour les générations futures ».

La manière dont la Tunisie gérera ces défis économiques structurels constituera ainsi la principale problématique du prochain gouvernement.

Chômage et inégalités au Maroc

De leur côté, des observateurs de la situation marocaine ont noté que les inégalités constituaient un danger pour le pays en ce qu’elles minaient la confiance dans le gouvernement, augmentaient les tensions sociales et aggravaient le non respect de la règle de droit, rappelle encore le média en ligne.

Les dernières données sur le chômage communiquées par Oxfam indiquent que 42,8 % des jeunes des zones urbaines n’ont pas d’emploi. En outre, « près de la moitié de la population active (46 %) n’a pas de couverture médicale et les pensions des femmes sont inférieures de 70 % à celles des hommes », indique Fair Observer.

Les experts du FMI ont néanmoins salué les réformes visant à « renforcer la gouvernance et l’efficacité du secteur public » et à « lutter contre la corruption » notamment par l’adoption de la loi sur l’accès à l’information et la publication du premier rapport sur la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption.

Parmi les autres réformes marocaines positives, le FMI a évoqué « le plan de privatisation et les efforts de recentrage des entreprises publiques sur leurs activités principales ». Il se félicite aussi des progrès réalisés en matière de décentralisation fiscale, tout en soulignant la nécessité de garantir la bonne gouvernance et de poursuivre les efforts visant à promouvoir la transparence et une meilleure discipline fiscale.

N.B., avec Fair Observer

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