Six pays acceptent d’accueillir des migrants de l’Open Arms

Six pays de l’Union européenne se sont dits prêts à accueillir une partie des 147 migrants embarqués sur le navire humanitaire de l’ONG espagnole Proactiva Open Arms, qui était jeudi 15 août au soir devant l’île italienne de Lampedusa, alors que l’autorité de Matteo Salvini est contestée.

« La France, l’Allemagne, la Roumanie, le Portugal, l’Espagne et le Luxembourg viennent à peine de m’indiquer qu’ils sont prêts à recevoir des migrants », a annoncé jeudi le Premier ministre italien Giuseppe Conte dans une lettre ouverte adressée à Matteo Salvini, ministre italien de l’Intérieur. Le Portugal a indiqué être prêt à prendre dix passagers. « Encore une fois, mes homologues européens nous tendent la main », s’est félicité Giuseppe Conte, en attaquant Matteo Salvini, qui appelle depuis une semaine à sa destitution. Giuseppe Conte avait écrit au ministre de l’Intérieur mercredi pour lui demander d’autoriser le seul débarquement des 32 mineurs présents à bord de l’Open Arms. Mais il a accusé Matteo Salvini d’avoir déformé ses propos.

Le chef du gouvernement italien a précisé qu’il s’était battu à ses côtés pour « un mécanisme européen » qui serait « presque automatique » pour redistribuer des migrants dans tous les pays européens, cela « pour éviter que des pays de premier débarquement comme l’Italie soient abandonnés à eux-mêmes ». « Mon obsession est de combattre tout type de délit, y compris l’immigration clandestine. Je suis ministre pour défendre les frontières, la sécurité, l’honneur, la dignité de mon pays », lui a rétorqué par écrit Matteo Salvini. « Avec moi les ports sont et resteront fermés aux trafiquants et à leurs complices étrangers », a-t-il insisté. « Et il est clair que sans cette fermeté, l’Union européenne n’aurait jamais levé un petit doigt, laissant l’Italie et les Italiens seuls ».

Sans le M5S, Salvini échoue à bloquer l’Open Arms

Le pouvoir de Matteo Salvini, chef de La Ligue (extrême droite) et vice-Premier ministre, se trouve néanmoins affaibli depuis qu’il a fait exploser le 8 août son alliance gouvernementale, formée depuis 14 mois avec le Mouvement Cinq Etoiles (M5S). Le sort du navire Open Arms en était l’illustration ce jeudi.

La ministre de la Défense italienne Elisabetta Trenta et le ministre Transports Danilo Toninelli n’ont pas signé le nouveau décret du ministre de l’Intérieur destiné à empêcher l’Open Arms de rentrer dans les eaux territoriales italiennes. Les deux ministres sont membres du Mouvement M5S, une formation qui n’entend de toute évidence plus suivre ses ordres après avoir été lâchée.

Matteo Salvini avait signé début août un décret interdisant, au nom de la défense de l’ordre public, les eaux italiennes à l’Open Arms. Une décision prise par un tribunal administratif, à la suite d’un recours d’Open Arms, avait toutefois suspendu mercredi ce premier décret. Dans la foulée, Matteo Salvini a signé un nouveau décret pour barrer la route au bateau, mais sans les signatures des deux autres ministres.

Matteo Salvini est crédité de 36 à 38 % d’intentions de vote et sa popularité a été alimentée par sa ligne dure sur les migrants illégaux. Mais un front politique est en train de se former contre lui, par le biais inattendu d’une alliance entre son ex-partenaire M5S et le Parti démocrate (centre gauche).

Proactiva Open Arms avait assuré mercredi qu’elle n’envisageait pas d’accoster de force. Dans la soirée de jeudi, l’ONG a annoncé sur Twitter avoir seulement été autorisée à débarquer à Lampedusa « cinq personnes pour raisons psychologiques, avec leurs accompagnants ».

Avec AFP et Le Huffington Post

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