DIPLOMATIE

SOIXANTE ANS DE DIPLOMATIE MULTILATERALE TUNISIENNE

L’aide de la famille des Nations Unies à la Tunisie depuis son adhésion à cette Organisation  ne s’est pas limitée à la consolidation de notre indépendance et la lutte contre l’agression extérieure, mais s’est  également manifestée dans un appui continu à notre développement économique et social.  En effet, grâce à la position qu’elle a pu se tailler dans la diplomatie multilatérale, notre pays a été l’un des premiers pays nouvellement indépendants à bénéficier de l’aide du Groupe de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International, auxquels il a adhéré en Avril 1958, ainsi que des autres Institutions Spécialisées disposant d’activités opérationnelles. Et, quand l’ONU a crée en 1966 son propre organisme d’assistance technique, le Programme des Nations Unies pour le Développement(PNUD), notre pays a été l’un des premiers à bénéficier du concours de ce Programme qui a installé dans notre capitale l’un de ses premiers bureaux extérieurs tout comme plus d’une quinzaine d’autres agences et institutions onusiennes . Cet appui multilatéral à la Tunisie se poursuit à ce jour et s’est manifesté récemment dans les visites successives des hauts responsables du FMI, de la Banque Mondiale, du PNUD, de l’Organisation Internationale du Travail et évidemment de l’ONU, en la personne de son Secrétaire Général, M. Ban KI-moon, et les engagements qu’ils ont pris en faveur du développement du pays.

Si la Tunisie a pu s’assurer une place aussi visible comme acteur sur le théâtre multilatéral et comme bénéficiaire de ses services, cela est lié à une conjugaison de facteurs humains et de choix politiques :

1-La diplomatie multilatérale tunisienne menée par des hommes et des femmes compétents et dévoués :

La Tunisie a su placer certains de ses meilleurs cadres à la tête et au sein de ses Missions Permanentes auprès des Organisations Internationales et Régionales. D’abord les premiers militants, symboles parmi d’autres de la lutte pour l’indépendance de la Tunisie et de sa renaissance: Mongi SLIM, Habib BOURGUIBA Jr, Rachid DRISS, Taieb SLIM, Mahmoud MESTIRI, Néjib BOUZIRI, Ahmed GHEZAL, Slaheddine ABDELLAH, Ahmed OUNAIS, Said BEN MUSTAPHA sont quelques uns des doyens dont les noms sont restés gravés dans la mémoire de la diplomatie multilatérale tunisienne pour avoir donné à la Tunisie à New York, siège central de l’ONU, une renommée dépassant les limites que sa taille et ses moyens laissaient supposer. Leurs collègues, tels que Mohamed BEN FADHL, Mahmoud MAAMOURI et Fouad M’BAZAA à Genève,sège européen de l’ONU, Noureddine MEJDOUB, Mokhtar ZANNAD et Fadhel KHELIL à Vienne,autre siège européen, Fethi ZOUHIR, Mohamed BADRA, Hamed AMMAR et Slaheddine BEN M’BAREK à Rome,siège des organisations à vocation agricole, Ismail KHELIL, Slaheddine EL GOULLI, Ali HEDDA et Habib BEN YAHIA à Washington,accueillant le FMI et le Groupe de la Banque Mondiale, Rafik SAID,Hamadi ESSID, Mustapha MASMOUDI et Ezzeddine GUELLOUZ à la tête de la Délégation permanente de Tunisie auprès de l’UNESCO à Paris, Tawfik SMIDA, Béchir GUEBLAOUI et Béchir BEN AISSA à Addis-Abéba, siège de l’OUA puis de l’Union Africaine ont de leur côté, avec d’autres éminents représentants, su défendre dans ces centres spécialisés et régionaux les intérêts de la Tunisie et y affirmer sa présence.D’autres représentants tunisiens dans des organisations régionales telles que la Ligue des Etats Arabes au Caire, l’Organisation de la Coopération Islamique à Jeddah et l’UMA à Rabat méritent une étude à part vu le rôle qu’ils ont joué dans l’affermissement de l’identité arabo- musulmane de la Tunisie et son attachement au Grand Maghreb.De même que nos représentants auprès de la CEE, puis de  l’Union Européenne à Bruxelles qui ont su développer des relations fructueuses avec nos partenaires européens,notamment au nord de la Médirrannée. Ces doyens ont été suivis de la génération « intermédiaire » ayant été formée à la bonne école pour reprendre dignement le flambeau et, ensuite, par la jeune génération qui assume actuellement avec compétence la représentation de la Tunisie dans ces instances.

Certains des illustres prédécesseurs ainsi que leurs  successeurs ont assumé des responsabilités élevées dans les Organes principaux des institutions. C’est ainsi que ,tout au long de ces soixante années, l’Assemblée Générale de l’ONU a élu un Président et plusieurs vice-présidents tunisiens, de même que le Conseil Economique et Social de l’Organisation qui a vu deux représentants permanents tunisiens présider à ses destinées pendant deux années différentes. De nombreux autres Organes et Comités ont eu la Tunisie comme membre actif jouant un rôle de rapprochement et d’impulsion. C’est ainsi que le Conseil de Sécurité a vu la Tunisie y occuper un siège non permanent à trois reprises et pendant des périodes cruciales de la vie internationale.

La politique de présence de la Tunisie dans les organes décisionnels de l’ONU et des autres institutions internationales et régionales a été aidée par des relations solides avec les groupes régionaux et politiques auxquels la Tunisie appartient, comme le groupe arabe, le groupe islamique, le groupe africain, le groupe des « 77 » et le groupe des non-alignés , qui jouent tous un rôle déterminant dans ce domaine.

La femme tunisienne a été bien représentée dans cette activité multilatérale. De Radhia MESTIRI, Ambassadeur de carrière qui a fait partie de la délégation à l’Assemblée Générale ayant vu l’adhésion de la Tunisie indépendante à l’ONU, à Faika FAROUK, « multilatéraliste » convaincue, en passant par Souad YAKOUBI OUAHCHI, première représentante permanente de la Tunisie auprès de l’ONU à Genève, sans oublier Jawida TNANI ayant dirigé la première cellule multilatérale au Ministère des Affaires Etrangères, les diplomates tunisiennes ont été les dignes représentantes de la femme tunisienne libre et efficace. Aujourd’hui, la diplomatie multilatérale tunisienne s’honore d’avoir une proportion importante de femmes à tous les niveaux dont le Directeur Général des Organisations et Conférences Internationales au Ministère des Affaire Etrangères, Holla BACHTOBJI .

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