DIPLOMATIE

SOIXANTE ANS DE DIPLOMATIE MULTILATERALE TUNISIENNE

2-La diplomatie multilatérale tunisienne épaulée par une présence remarquable dans les organes administratifs et de direction des institutions internationales et régionales ainsi qu’aux organes d’experts  :

Depuis les premières années de l’indépendance, la Tunisie a suivi une politique de présence dans les organes administratifs et de direction des institutions internationales et régionales, en particulier l’ONU et ses diverses agences, aidée en cela par le nombre et la qualité de ses cadres formés à la faveur d’un système éducatif exemplaire en son temps. Il suffit de rappeler que pendant de nombreuses années les services du personnel de l’ONU étaient dirigés par une compétence tunisienne, Mohamed GHRAB, qui s’était entouré d’un groupe de jeunes tunisiens dynamiques ayant essaimé sur la plupart des départements et gravi les divers échelons. Et quand, plus tard, l’ONU a décidé de créer une commission pour gérer la fonction publique internationale elle s’est tournée vers un autre Tunisien, Mohsen BEL HAJ AMOR, pour la diriger. D’autres éminents tunisiens se sont distingués:A titre d’exemple,Mohamed MILI à la tête de de l’Union Internatinale des Télécommunications, Kamel MORJANE au Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés avant de représenter le Secrétaire Général à la tête de la Mission de Maintien de la Paix en République Démocratique du Congo, M’hamed ESSAFI dans l’organe chargé de faire face aux catastrophes naturelles, Azzouz ENNEIFAR à la mission de l’Onu au Darfour et plus récemment Monji HAMDI à la tête de la Mission de l’ONU au Mali. Plusieurs tunisiens, tels que Hssan FODHA,  et Amor NEKHILI ont marqué leur présence au Département de l’Information de l’ONU ainsi qu’au PNUD où Mustapha ZAANOUNI a longtemps supervisé les programmes d’aide aux pays arabes et plusieurs autres compétences tunisiennes ont œuvré au sein des bureaux de cet organisme aux quatre coins du monde, dont Hssan GHOUAEL et Salah BOURJINI, ayant présidé aux destinées de plusieurs Bureaux « sensibles »,tels celui de Baghdad pendant la première guerre du Golfe et Tripoli au moment de l’embargo imposé à l’ancien régime libyen. Hamdane BEN AISSA a été un cadre supérieur très remarqué du département d’assistance technique de l’ONU, Azzouz TAJ un haut responsable au sein des services financiers de l’ONU à Genève et Noureddine MEZNI un cadre supérieur influent au sein de l’Union Africaine. Avec le passage de la plupart de ces cadres à la retraite et l’augmentation du nombre des Etats membres des Nations Unies demandant chacun sa part  des postes de la fonction publique internationale et régionale, la présence de la Tunisie s’est nettement réduite ces dernières années, mais des efforts sont en cours pour remédier à cette situation.

La présence de la Tunisie ne s’est pas limitée aux niveaux administratifs et de direction des institutions internationales et régionales mais s’est étendue également au niveau des experts puisque l’on a vu et l’on voit toujours une participation honorable de notre pays aux divers comités et autres organes qui font appel à des compétences particulières à titre personnel. Les compétences tunisiennes étaient particulièrement recherchées dans des domaines aussi variés que l’utilisation pacifique de l’énergie atomique (Béchir Torki…), du droit international (Abdelfatah AMOR et Borhéne BEN ACHOUR…) des droits de la femme(Emna AOUIJ, Faiza KEFI et Néziha MEZHOUD…) ,des droits de l’enfant(Hatem KOTRANE…),de la lutte contre la torture (Radhia Nasraoui et Abdelwahab EL HANI…) et des affaires africaines (Sadok FAYALA…). Les compétences tunisiennes dans les domaines économique et financier(Chedly AYARI, Moncef GUEN, Mustapha Kamel NABLI…) et dans le domaine commercial international (Tahar SIOUD…) ont souvent eu leur mot à dire dans des institutions telles que la Banque Mondiale et le FMI ainsi qu’auprès des institutions européennes.

3-La diplomatie multilatérale tunisienne guidée par les principales constantes de la politique étrangère tunisienne :

Le leader Habib BOURGUIBA, premier Ministre des Affaires Etrangères de la Tunisie indépendante, Chef du Gouvernement puis Président de la République Tunisienne, a été aussi celui qui a fixé les grandes orientations de la politiques étrangère tunisienne, devenues des constantes, en les tirant des caractéristiques de la personnalité tunisienne faites de modération et d’ouverture, de la culture du pays, de son histoire et de sa géographie ainsi que des intérêts bien compris et à long terme de la Tunisie. La diplomatie tunisienne s’est chargée de mettre en œuvre ces constantes dans le cadre des priorités fixées par les autorités supérieures du pays. Très tôt, la diplomatie multilatérale a mis en avant certaines des principales constantes de la politique étrangère tunisienne et s’y est tenue, en particulier :

–Appui aux causes justes dans le monde :La première de ces causes a été certainement celle de l’autodétermination des peuples soumis au joug colonial et à l’occupation étrangère. Ayant été parmi les premiers pays à avoir obtenu son indépendance au prix d’une longue lutte nationale et avec l’appui de l’ONU, la Tunisie a offert aux peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine un modèle et a mis à leur disposition son expérience, à travers notamment une participation avant-gardiste aux débats et négociations internationales ayant conduit à la libération de ces peuples et ce au sein des organismes onusiens saisis de ces débat, en particulier le Comité sur la Décolonisation ,ou « Comité Spécial des 24 ».La Tunisie a été membre de ce Comité depuis sa création en 1961 et l’est encore à ce jour et l’a présidé à plusieurs reprises. Ce travail a été complété par un effort aussi assidu au sein de l’Organisation de l’Unité Africaine devenue plus tard l’Union Africaine dont la Tunisie a été l’un des pays fondateurs et qui avait pour mission initiale la libération totale de l’Afrique du colonialisme. De surcroit, les pays qui obtenaient leur indépendance grâce à cette action trouvaient en notre pays un appui précieux pour parrainer et présenter leur candidature pour accéder en tant qu’Etats souverains à l’organisation mondiale (Sénégal, Mauritanie…). Notre pays a également joué un rôle particulièrement actif dans les délibérations au sujet de l’indépendance de l’Algérie et dans l’appui sur le terrain à la lutte nationale algérienne. Par ailleurs, la cause palestinienne a été et reste une priorité de la diplomatie multilatérale tunisienne.

–Respect de la souveraineté des Etats,refus de toute intervention étrangère dans leurs affaires intérieures et appui à la légalité internationale représentée par les Nations Unies : Ces principes cardinaux dans la politique étrangère tunisienne se sont manifestés dès le départ par les prises de position de notre pays suite à l’invasion de la Hongrie par les troupes soviétiques et sa participation dès 1956 aux efforts de l’ONU pour rétablir la souveraineté de ce pays sur son territoire et pour le retour de la paix dans la région. Depuis, la Tunisie a été de toutes les actions menées par l’organisation internationale en faveur de la paix et ses soldats, arborant le casque bleu de l’ONU ou celui de l’Union Africaine, ainsi que des éléments de la police et des civils tunisiens ont participé efficacement à une vingtaine d’opérations de maintien de la paix à commencer par le Congo, en passant par le Sahara Occidental, sans oublier le Cambodge .Certains de nos valeureux civils et soldats ont laissé leur vie en défendant la paix. De Khmaies HAJRI, premier Secrétaire Général du Ministère des Affaire Etrangères de la Tunisie indépendante et ancien expert international, mort dans des circonstances tragiques sur les frontières tuniso –algériennes, en arrivant à Hédi ANNABI, brillant diplomate tunisien décédé dans l’effondrement de l’immeuble des Nations Unies suite à un tremblement de terre à Port-au-Prince capitale de Haïti alors qu’il remplissait  son devoir de représentant du Secrétaire Général dans ce pays meurtri par des années de guerre civile, sans oublier les nombreuses autres victimes de l’engagement de la Tunisie en faveur de la souveraineté des pays, de la paix et de la légalité internationale. D’autres éminents civils et militaires tunisiens ont laissé un excellent souvenir dans des missions onusiennes de maintien de la paix, tels que Mahmoud KHIARI au cours de la première participation tunisienne au Congo et le Général Abdelaziz SKIK au Cambodge. La Tunisie a pu jouer son rôle international dans le passé sans jamais faire partie d’une alliance militaire et en affirmant  son appartenance au Mouvement des Non Alignés, qu’elle a contribué à créer et dont elle est toujours membre….

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