Photo : Reuters

Somalie : Les Etats-Unis annoncent avoir tué quatre islamistes dans des frappes

Washington a lancé des représailles en réponse à l’attentat à la voiture piégée samedi à Mogadiscio. Une attaque qui a fait au moins 79 morts et des dizaines de blessés. Les Américains ont ainsi tué dimanche quatre « terroristes » lors de frappes menées en Somalie contre les miliciens islamistes shebab.

L’opération a été menée en coordination avec le gouvernement somalien, indique l’AFP. « Ces frappes aériennes de précision visaient des miliciens shebab responsables d’actes terroristes contre des citoyens somaliens innocents en coordination avec Al-Qaida », a ainsi déclaré le commandement militaire américain pour l’Afrique (US Africa Command ou AFRICOM). « En coordination avec le gouvernement fédéral somalien, l’US Africa Command a effectué le 29 décembre trois frappes aériennes en deux endroits visant des miliciens shebab », indique le communiqué, qui précise que les lieux des frappes sont « Qunyo Barrow » et « Caliyoow Barrow ».

Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab, alliés de groupe terroriste al-Qaïda, ont perdu l’essentiel des bastions qu’ils contrôlaient. Mais ils maintiennent toujours une présence dans de vastes zones rurales d’où ils préparent des opérations de guérilla et des attentats suicides. On estime qu’ils comptent actuellement entre 5000 et 9000 combattants, précise l’agence de presse. « Depuis les premières attaques des shebab en 2011, ce groupe a tué sans pitié des centaines de personnes », a déclaré le général américain William Gayler, qui dirige les opérations de l’AFRICOM.

Intensification des frappes depuis 2017

Présents en Somalie, les Etats-Unis y ont intensifié depuis avril 2017 leurs frappes aériennes après l’extension par le président Donald Trump des pouvoirs donnés à l’armée américaine pour lancer des opérations antiterroristes, par voie aérienne ou terrestre. En avril dernier, le commandement militaire américain pour l’Afrique a annoncé avoir tué 800 personnes en 110 attaques aériennes depuis avril 2017 dans ce pays.

L’échec du gouvernement

Même si l’attentat n’a pas été revendiqué, seuls les shebabs possèdent les moyens d’une telle opération. « L’explosion du carrefour Ex-control montre donc une fois encore leur capacité de résistance », souligne ainsi Radio France Internationale (RFI).

Selon le chercheur Rashid Abdi, « le gouvernement a échoué à devenir crédible et légitime aux yeux des gens. » Le spécialiste estime en outre que les autorités fédérales se préoccupent surtout d’asseoir leur pouvoir sur les États régionaux. « Les deux camps sont en conflit ouvert depuis des mois, entraînant de fortes tensions politiques et sécuritaires », poursuit RFI. Et Rashid Abdi d’ajouter : « Ce face à face menace la stabilité du pays. Les shebabs se nourrissent de ces faiblesses. »

Cette attention « obsessionnelle » et mal orientée des autorités conduirait Mogadiscio à mal utiliser les énormes ressources reçues de l’étranger, estime RFI. « Les moyens destinés aux shebabs sont alloués aux querelles internes. L’armée est déployée pour contrôler les gouvernements régionaux et non pour combattre les terroristes », analyse le chercheur Matt Bryden.

Abdisaïd Ali, conseiller sécurité à la présidence, rejette lui la faute sur la communauté internationale. Pour lui, l’embargo des Nations unies sur les armes empêche les soldats somaliens de s’équiper suffisamment. Des restrictions « injustes » qui selon lui font que « les shebabs peuvent dormir tranquilles ».

Avec AFP, 20 minutes et RFI

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