Vladimir Poutine entouré de dirigeants africains lorsdu sommet de Sotchi. Photo : REUTERS

Sommet russo-africain de Sotchi : Poutine se félicite d’une « nouvelle page » ouverte

Le premier sommet Russie-Afrique s’est achevé jeudi 24 octobre à Sotchi. Grâce à cette rencontre inédite, Moscou veut marquer son retour sur le continent africain et entend pérenniser ce type d’événements.

Vladimir Poutine s’est félicité, jeudi 24 octobre, que le sommet de Sotchi ait « ouvert une nouvelle page » dans les relations entre la Russie et l’Afrique, comme l’ont noté les envoyés spéciaux à Sotchi de RFI, Florence Morice et Daniel Vallot. « Une chose est sûre, le président russe a réussi à mobiliser. L’intégralité des 54 pays d’Afrique étaient représentés, dont 43 par leur chef d’Etat et de gouvernement », écrit le média français.

Mais aucun contrat majeur n’a été conclu au cours de ces deux jours à Sotchi. Le chef du Kremlin se félicite néanmoins d’avoir « posé les bases qui devraient permettre, dans le futur, à son pays d’intensifier ses échanges commerciaux » avec l’Afrique.

Rencontres périodiques

Encore faibles actuellement, les échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique devraient être doublés d’ici cinq ans. Vladimir Poutine a en tout cas annoncé la « création d’un nouveau mécanisme de dialogue » qui prévoit que des sommets comme celui de Sotchi aient désormais lieu tous les trois ans, tour à tour en Russie et dans un pays d’Afrique, indique RFI.

Sortir de la domination occidentale

Lors du sommet de Sotchi, Vladimir Poutine a insisté sur les facteurs d’union de Moscou et du continent africain : « un souci de défendre aujourd’hui le principe de souveraineté et un passé de lutte anticoloniale, lorsque l’URSS soutenait les pays en lutte pour leur indépendance », relève le média français.

Une déclaration forte et volontiers relayée par les dirigeants africains, à l’instar de Denis Sassou-Nguesso, président du Congo-Brazzaville. « Les peuples africains ne remercieront jamais assez le peuple russe pour l’appui déterminant qu’il a apporté aux mouvements de libération de leur continent et à sa décolonisation complète. Au moment où s’ouvre cette nouvelle page entre la Russie et l’Afrique, une espérance très forte s’empare du milliard 300 millions d’Africains qui accueillent ce nouvel élan de coopération avec optimisme et ferveur », a-t-il dit, cité par RFI.

Et lors de la conférence de presse de conclusion du sommet, M. Poutine a aussi souligné que « les relations entre la Russie et l’Afrique reposent sur de longues traditions d’amitié et de solidarité nées lorsque notre pays a soutenu la lutte des peuples d’Afrique contre le colonialisme, le racisme et l’apartheid, protégé leur indépendance et leur souveraineté et contribué à la création d’un Etat, à la fondation du l’économie nationale et créer des forces armées prêtes au combat ».

« Les positions de nos pays sur les grands dossiers internationaux sont proches ou similaires. Nous remercions nos partenaires africains d’appuyer les résolutions de première importance pour nous, telles que celles […] sur le non-déploiement d’armes dans l’espace […] En tant que membre permanent [du Conseil de sécurité] des Nations Unies, la Russie se tient aux côtés des pays africains pour renforcer la paix et la stabilité sur le continent et assurer la sécurité régionale », a assuré le président russe.

Vladimir Poutine a d’ailleurs assuré que la Russie pouvait offrir son aide à l’Afrique sans les nombreuses conditions fixées par les puissances occidentales, comme l’indique BBC News. « Nous voyons comment certains pays occidentaux ont recours à la pression, à l’intimidation et au chantage contre des gouvernements souverains africains », a martelé M. Poutine lors d’un entretien accordé à l’agence de presse Tass, avant le sommet.

« Ils utilisent de telles méthodes pour tenter de se redonner une influence et une domination perdues dans leurs anciennes colonies sous une nouvelle forme et ainsi pouvoir en tirer le maximum de profits en exploitant le continent », a-t-il ajouté.

Moscou propose aux Africains de la technologie nucléaire

Lors de ce forum, Moscou a par ailleurs mobilisé les experts de Rosatom, son agence nucléaire. Selon Franceinfo Afrique, ils ont proposé aux Etats africains le choix de la technologie nucléaire russe à des fins civiles pour « booster leur développement ». Vladimir Poutine a de son côté assuré que les projets proposés par la Russie se feraient « sans la moindre ingérence politique ».

Plus de la moitié de la population africaine n’a pas accès à l’électricité sur un continent qui devrait compter deux milliards d’habitants en 2050. Ainsi, « éclairer l’Afrique représente un marché juteux qui aiguise l’appétit de l’industrie nucléaire russe. […] Les centrales russes auraient l’avantage d’être moins chères que celles des concurrents occidentaux et souvent assorties de prêts avantageux octroyés par Rosatom », relève Franceinfo Afrique.

N.B., avec RFI, Franceinfo et BBC

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