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Grâce aux nouvelles technologies, de jeunes tunisiens trouvent le moyen de sortir de la violence et de s’éloigner de la délinquance

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Six ans après la révolution qui a entraîné un véritable changement politique, le pays construit progressivement une société plus démocratique. Néanmoins, les tunisiens font face à de nombreux défis socio-économiques surtout dans les milieux défavorisés au cœur de la capitale. A titre d’exemple, des quartiers comme Ettadhamen qui sont marqués par la pauvreté et le chômage élevé des jeunes, sont doublement plus menacés par la délinquance et par le terrorisme.

Pour ces jeunes sans emploi et discriminés au quotidien, prendre de la drogue ou se radicaliser offre une issue. Ainsi, prendre un chemin différent tel que celui des « technologies de la paix » est un véritable acte de bravoure et de conscience qui pourrait progressivement changer la réalité des jeunes des quartiers.

Avec la hausse de la violence et de l’extrémisme dans le monde, les nouvelles technologies de pointe et la numérique se présentent comme une alternative et un facteur de paix durable. Selon le site scidev.net, Open Street Map, projet collaboratif de Mapping (Cartographie) initié par l’ONG International Alert et dirigé par Harriet Lamb, est l’un des projets qui tendent à sortir la jeunesse des quartiers défavorisés du cercle vicieux de la violence.

Dans cette optique, l’ONG a offert à un groupe d’étudiants et de diplômés d’Ettadhamen la possibilité d’utiliser, suite à une formation, une plateforme pour cartographier les lieux et les noms de rue dans leur quartier, en ajoutant des détails précédemment disponibles uniquement dans des régions plus aisées de Tunis. Ils ont également identifié des zones nécessitant des services de base et ils travaillent maintenant avec le conseil local pour déterminer comment la moitié du budget d’investissement public a été dépensé.

Après avoir consulté la communauté, ils ont demandé des routes et les lampadaires à réparer, des conteneurs pour ordures et plus d’espaces dédiés aux enfants.
« Au début, les autorités locales ne croyaient pas en nous, ils pensaient que nous prenions des photos avec nos téléphones », a déclaré un jeune participant au projet. « Mais maintenant, ils ont vu nos réalisations [contribuer à la connaissance et à la planification de la région], ils ont désormais de la considération et du respect pour ce que nous faisons ».

Partout dans le monde, une partie importante des criminels est issue des quartiers marginalisés. Le projet de l’association International Alert vise en effet à changer cette réalité en offrant une alternative aux jeunes et en leur conférant le sentiment de compétence et d’appartenance à une société qui les estime.
Ce genre d’initiative a changé la vie de beaucoup de jeunes dans le monde, au Kenya via le logiciel de crowdsourcing d’Ushahidi ou encore en Jordanie via Tech Social, projet dirigé lui aussi par International Alert en collaboration avec Tech Tribes.

Dans les communautés touchées par le conflit dans le monde, les hackathons de la paix (#peacehacks) tirent parti des nouvelles technologies pour aborder des problèmes tels que le discours haineux ou l’extrémisme violent. Il est impératif dans ce cas de mettre les jeunes dans une position de leadership pour qu’ils créent eux-mêmes le changement qu’ils souhaitent.

Dans le projet d’Ettathamen, l’idée d’utiliser Open Street Map provient des jeunes. Il était important d’être guidé par leur sens particulier des lieux: sans emplois, leur espace les liait ensemble et les marquait. Ils ont dit que, lors d’entrevues d’embauche, ils étaient trop embarrassés pour admettre qu’ils viennent d’Ettadhamen.

Le défi était d’aider à transformer ce sentiment d’infériorité en une source de fierté et de force. Ils ont choisi Open Street Map comme plateforme. L’objectif était d’aider à transformer un quartier défavorisé et à habiliter les personnes qui y vivaient.

Après avoir fait la cartographie, les jeunes ont également tenu des discussions ouvertes sur des questions telles que la nécessité de services, mais aussi les relations conflictuelles entre les jeunes et la police. Comme l’a déclaré un participant: «En tant que jeune homme d’Ettadhamen, vous avez cette relation négative entre les avec la police – en fait, c’est la principale cause qui pousse des jeunes à rejoindre Daech».

« Tout le monde reconnaît le besoin pressant d’aborder l’avenir des jeunes pour construire des sociétés plus égales, pacifiques et prospères. Nous devons également reconnaître que les «jeunes» ne sont pas un groupe homogène, mais ont de multiples besoins différents » -a reconnu Lamb.

L’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la Résolution 2250 sur «la jeunesse, la paix et la sécurité» en 2015 a marqué un changement historique en reconnaissant que les jeunes peuvent également conduire en matière de consolidation de la paix innovante, puisqu’ils sont généralement les premiers à adopter de nouvelles technologies. L’association Peace Tech s’appuie d’ailleurs sur ces points forts.

Comme l’a déclaré l’un des jeunes hommes participant au projet Open Street Map, souriant pleinement: « Bien sûr, nous ne sommes pas la réponse pour la Tunisie. Mais nous faisons partie de la réponse. « 

N.B

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