Le navire de sauvetage Ocean Viking navigue au large de l'île de Lampedusa en mer Méditerranée le 15 septembre 2019. Photo : ALESSANDRO SERRANO / AFP

SOS Méditerranée cherche de nouveau un port sûr pour 104 migrants

L’ONG SOS Méditerranée a adressé une demande aux autorités européennes afin qu’un port « sûr » lui soit attribué pour débarquer 104 migrants qu’elle a secourus vendredi à bord de son navire Ocean Viking, au large de la Libye, a-t-elle annoncé lundi.

L’Ocean Viking, qui se trouvait lundi dans les eaux internationales au large de Malte, a demandé aux Centres de coordination des secours maritimes (MRCC) italien et maltais la désignation d’un lieu sûr. L’Ocean Viking espère par cette démarche assurer « un débarquement rapide des 104 survivants », a indiqué SOS Méditerranée, basée à Marseille, dans un communiqué. Les autorités italiennes et maltaises n’ont pas commenté cette requête, indique l’AFP.

« Nous espérons que les autorités maritimes, avec le soutien des Etats de l’UE, trouveront une solution pour débarquer rapidement les rescapés, conformément à la loi », a écrit l’ONG sur son compte Twitter.

https://twitter.com/SOSMedFrance/status/1186187558323130377

Vendredi, l’Ocean Viking a secouru les migrants qui se trouvaient à bord d’un bateau pneumatique en détresse à 50 milles nautiques des côtes libyennes. Parmi les 104 personnes à bord figurent 40 mineurs, dont un peu moins d’un tiers sont non accompagnés, ainsi que deux femmes enceintes. Cette opération de secours est intervenue seulement deux jours après le débarquement de 176 rescapés à Tarente (Italie).

Aucun port en Libye ne peut être considéré comme « sûr »

Comme lors du précédent sauvetage, les autorités libyennes ont proposé jeudi à l’Ocean Viking de débarquer à Tripoli, ce que l’équipage a refusé. « Selon le droit international, aucun port en Libye ne peut être considéré comme sûr », a justifié l’ONG. « Au cours des deux derniers jours, nous avons entendu de terribles histoires de violence et d’abus en Libye », a ajouté SOS Méditerranée. L’organisation humanitaire cite un Ivoirien de 23 ans : « En Libye, les êtres humains sont un moyen d’échange. On m’a vendu pour 2000 dinars. Mieux vaut mourir en mer que de vivre en Libye », a déploré ce jeune homme dont les propos ont été recueillis par l’ONG.

Le chaos qui a suivi la chute de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 a fait de la Libye une véritable plateforme, voie privilégiée pour les migrants originaires d’Afrique de l’Est, du Sahel et du Moyen-Orient, cherchant à rejoindre l’Europe. Selon le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plusieurs milliers de migrants se trouvent bloqués en Libye, dans des conditions déplorables. Le Monde expliquait en juin 2018 que la difficulté de contrôler les réseaux de passeurs sur le long terme tenait en effet « au chaos qui règne en Libye, l’absence d’Etat central, la fragmentation du pays en milices rivales et quasi-autonomes sur le terrain ».

Pré-accord

Un « pré-accord » a été conclu à La Valette (Malte) le 23 septembre entre la France, l’Allemagne, l’Italie et Malte, ces deux derniers pays étant en première ligne en matière de politiques d’accueil des migrants fuyant des situations de conflit ou de pauvreté. Les ministres de l’Intérieur de quatre pays européens s’étaient entendus sur une initiative assurant une répartition automatique des migrants débarquant à Malte ou en Italie, qui devra être validé par les autres Etats membres. Le pré-accord doit permettre d’éviter que les navires humanitaires ne restent bloqués en mer pendant des semaines en attendant que des pays acceptent, au cas par cas, de les laisser accoster.

En quatre ans d’opérations de sauvetage, SOS Méditerranée, à bord de l’Aquarius puis de l’Ocean Viking, a porté secours à plus de 30 000 migrants naufragés en mer.

N.B.

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