La success story des frères jumeaux tunisiens Kamel, propriétaires d’Avionav, premier constructeur...

La success story des frères jumeaux tunisiens Kamel, propriétaires d’Avionav, premier constructeur d’avions tunisiens

0
PARTAGER

Férid et Fouad Kamel, deux frères jumeaux, sont les premiers et les seuls tunisiens à l’heure actuelle à avoir initié l’industrie d’aviation légère en Tunisie. L’aventure a commencé en 2011, avec la révolution. Aujourd’hui, ils ont signé des accords avec Nouvelair, Airbus et Boeing. Ils vendent leurs avions dans une dizaine de pays dans le monde et collaborent avec des entrepreneurs de Jordanie et aux Etats-Unis.


En 2016, leur bénéfice a dépassé un million de dinars et leur capacité de production a atteint les 90 avions par an. Hormis leurs propres activités, ils fabriquent également des sièges d’avions. Fils d’un pilote de l’armée, les deux frères ont obtenu leurs diplômes d’ingénieur et se sont rendus à l’étranger, Fouad aux Emirats et Férid en France puis en Italie.


D’après Wamda.com, la révolution de 2011 a déclenché chez les deux frères l’envie d’investir en Tunisie. En effet, les premières luttes à l’échelle nationale contre la bureaucratie et la corruption ont inspiré les jumeaux. Dans son bureau à Borjine (Sousse), Fouad a expliqué qu’avant la révolution, on les a mis en garde: «La famille dirigeante viendra réclamer des parts une fois que votre entreprise embrasse le succès ».

Son entreprise aujourd’hui tend à motiver les jeunes et prouver que la Tunisie a les compétences nécessaires pour explorer d’autres domaines en dehors du textile et du tourisme.

Ainsi, en 2011, et malgré les procédures contraignantes en relation avec la « paperasse » et les autorisations douanières, la première startup tunisienne spécialisée dans l’aéronautique, Oxygen Aeronautics, a vu le jour. Elle a commencé en fabriquant des avions de sport légers. Leur modèle Rallye est fabriqué avec de la fibre de carbone, tandis que le modèle Century est fabriqué avec de l’aluminium aéronautique. Les deux modèles peuvent accueillir deux passagers.

Les deux jeunes investisseurs, dans la trentaine, ont mis toutes leurs économies combinées (240.000 dinars) pour démarrer. Ils ont mis en place un système pour trouver les matières premières en Tunisie, à l’exception des roues. Un premier succès les a conduits à acheter Storm, compagnie d’aviation légère italienne qui opérait en Tunisie, et d’élargir ainsi leur réseau de clients.


La réticence des banques n’a pas freiné leurs ambitions, ils ont alors commencé à solliciter des investisseurs privés et ont réussi en 2014 à réaliser un investissement de 4 millions de dinars, le fonds essentiel grâce auquel Avionav a vu le jour.


Dans ce contexte, Fouad Kamel a déclaré : « Nous avons essayé de faire en sorte que l’entreprise soit conforme aux normes d’industrialisation et de la moderniser un peu… Nous l’avons fait à travers des foires et des réseaux. J’ai même eu des clients qui m’ont mis en contact avec d’autres, et ça s’est bien passé ».


Axée sur l’industrie et l’innovation Avionav, avec les moyens de bord, a réussi à séduire plusieurs acheteurs dans le monde. En 2016, la firme a vendu 38 avions à 10 pays différents dont la Tunisie, la Jordanie, le Brésil et l’Allemagne. Quant à l’utilisation des avions, deux clients tunisiens utilisent les avions dans l’agriculture. Pour le reste, les avions Avionav sont utilisés par différentes entreprises, dans les sports aéronautiques, et même à des fins médicales comme avions d’urgence.


L’équipe Aironav est passée aujourd’hui de 5 à 16 ingénieurs et techniciens. On construit désormais les avions selon le FAA (Autorité de l’aviation fédérale des États Unis), l’un des standards de sécurité les plus élevés, ce qui pourrait attirer davantage des clients. La firme aspire d’ailleurs à acquérir plus de certifications internationales et agrandir la production.


Plusieurs années après la révolution, les autorités tunisiennes sont aujourd’hui plus souples vis-à-vis les nouvelles idées et soutiennent la jeune entreprise, unique dans son genre en Tunisie. Concernant l’avenir, en 2016 les frères Kamel ont lancé Evada, avion à quatre places pouvant atterrir sur terre et sur l’eau et qu’ils continuent à développer. Ils travaillent également sur un «cockpit intelligent», une idée de Fouad, et sur la R & D(Recherche et Développement). Ils tentent de conquérir le marché régional, particulièrement en Algérie, où ils feront face à la concurrence de constructeurs locaux.


N.B

Pas de commentaires

Laisser un Commentaire