Syrie : face à une instabilité alarmante, l’envoyé de l’ONU appelle à changer la dynamique

L’Envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie a souligné jeudi devant le Conseil de sécurité que la violence et l’instabilité dans ce pays étaient alarmantes et qu’il était nécessaire de changer la dynamique.

« L’ampleur de la violence et de l’instabilité en Syrie est extrêmement alarmante. Nous avons un nombre de morts sans cesse croissant parmi les civils ; des millions de personnes déplacées ; des dizaines de milliers de détenus et de disparus ; de grandes parties du territoire syrien fragmentées entre différents acteurs ; des confrontations entre Etats sur plusieurs axes ; un Daech renaissant qui intensifie ses attaques de guérilla ; et pas encore de lancement d’un véritable processus politique », a déclaré Geir O. Pedersen devant les membres du Conseil. « Cette dynamique peut et doit changer. »

Il a affirmé que dans le nord-ouest de la Syrie, en dépit d’une tentative par la Russie et la Turquie de rétablir le cessez-le-feu annoncé début août, les hostilités à Idlib et dans ses environs ont rapidement repris. Dans le nord-est, des tensions ont éclaté en juillet avec des concentrations de troupes du côté turc de la frontière. Des progrès dans les négociations américano-turques en août ont toutefois permis d’éviter un conflit, indique l’ONU.

Tensions entre l’Iran et Israël

L’envoyé de l’ONU a également fait part de son inquiétude concernant l’escalade des tensions israélo-iraniennes. Israël a confirmé qu’il avait mené des frappes aériennes à la périphérie de Damas le 24 août. L’Etat hébreu a déclaré que son objectif était d’empêcher les attaques de drones planifiées depuis le sol syrien par des membres de la Force iranienne Al-Qods et des milices chiites en Syrie. Une escalade « extrêmement préoccupante », selon M. Pedersen, qui exhorte toutes les parties à « respecter la souveraineté de la Syrie et de tous les Etats de la région, en s’abstenant de [commettre des] attaques […] et en faisant preuve de la plus grande retenue ».

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Elaborer une nouvelle Constitution

L’émissaire norvégien pour la Syrie a par ailleurs souligné que les efforts en vue de faciliter les négociations entre Syriens autour de l’élaboration d’une nouvelle constitution seraient poursuivis. A la suite de consultations avec le gouvernement syrien et l’opposition, « il s’est dit plutôt optimiste sur le fait qu’il sera en mesure d’annoncer un accord avant l’Assemblée générale sur un comité constitutionnel crédible, équilibré et inclusif », réuni sous les auspices de l’ONU à Genève.

Le mois qui vient sera « crucial »

Geir O. Pedersen a estimé que les acteurs internationaux ont également la responsabilité de contribuer à approfondir le dialogue et de soutenir le processus facilité par l’ONU. Le mois qui vient sera, selon lui, « crucial » car les principaux acteurs internationaux doivent jouer un rôle dans la « stabilisation de la situation à Idlib et dans le nord-est du pays ».

De son côté, le chef de l’humanitaire de l’ONU, Mark Lowcock, a noté que « dans trois semaines, cela fera un an que le mémorandum d’accord sur Idlib aura été signé, un accord appelant à la retenue et visant à empêcher toute nouvelle escalade dans le nord-ouest de la Syrie ». « Pourtant, un an après, des bombardements et des combats se déroulent au quotidien. Trois millions de personnes – dont les deux tiers sont des femmes et des enfants – comptent sur votre soutien pour faire cesser cette violence », a-t-il dit aux membres du Conseil de sécurité.

Avec ONU Info

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