Donald Trump entend faire rentrer aux États-Unis les 2 000 soldats américains déployés en Syrie. © Sipa Press

Syrie : « Il est temps de rentrer à la maison », dit Donald Trump

Le président américain Donald Trump a de nouveau créé la surprise en ordonnant mercredi le retrait des troupes américaines déployées en Syrie. Il estime avoir vaincu l’Etat islamique (EI) et demande donc que les soldats américains « rentrent chez eux ». La décision du président américain aura, selon la presse occidentale, de lourdes conséquences géopolitiques. Elle a par ailleurs provoqué la stupeur dans son propre camp.

« Nous nous sommes battus pendant longtemps en Syrie. Je suis président depuis presque deux ans et nous avons vraiment progressé et nous avons gagné contre l’Etat islamique. Nous les avons battus, et violemment. Nous avons repris la terre et maintenant il est temps pour nos troupes de rentrer à la maison », a déclaré le président américain sur Twitter.

La décision du président a provoqué des interrogations auprès des sénateurs et créé le désaccord dans son propre camp. « Cette décision a-t-elle été prise sur l’avis des militaires ? Ou contre l’avis de l’armée ? C’est la première question que je me pose », s’interroge Tim Kaine, le sénateur démocrate de Virginie. Le retrait des Etats-Unis de Syrie est une « grave erreur » qui livrera le pays à l’Iran et ce dernier « intensifiera ses activités dans le sud de la Syrie, ce qui provoquera un nombre accru de frappes israéliennes qui pourraient mener à une nouvelle guerre beaucoup plus meurtrière entre Israël et le Hezbollah », a pour sa part estimé Marco Rubio, le sénateur républicain de Floride. Le sénateur républicain Lindsey Graham a également exprimé ses réserves mercredi, estimant sur Twitter que « le retrait de cette petite force américaine en Syrie serait une énorme erreur, façon Obama ».

Deux mille soldats américains sont actuellement déployés dans le nord de la Syrie, il s’agit essentiellement des forces spéciales dont la mission est de combattre le groupe Etat islamique et d’entraîner les forces locales dans les zones reprises aux jihadistes. On ignore pour l’heure à quelle date les soldats américains seront exactement de retour aux Etats-Unis. La Maison Blanche et le Pentagone n’ont pas été en mesure de donner cette information.

Mise en garde

Ces derniers mois, de hauts responsables militaires américains ont multiplié les mises en garde contre un retrait précipité qui laisserait la voie libre en Syrie aux alliés du régime de Bachar al-Assad : la Russie et l’Iran, véritables rivaux et bêtes noires de l’administration Trump.

Cette annonce pourrait par ailleurs placer la milice kurde YPG, qui se bat avec l’appui de Washington contre les jihadistes de l’EI dans le nord de la Syrie, dans une situation très difficile. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a une nouvelle fois expliqué lundi vouloir « se débarrasser » de cette dernière si leur parrain américain ne les contraignait pas à s’en retirer. Ankara considère cette milice comme une organisation « terroriste » liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui livre une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

America First

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a déclaré qu’Israël, informé par avance par les Etats-Unis, allait étudier les retombées d’un retrait américain de Syrie, mais « saurait se défendre » contre les éventuelles menaces venues de chez son voisin.

Donald Trump, connu pour son slogan « l’Amérique d’abord », a, à plusieurs reprises, exprimé son souhait de « ramener les troupes à la maison ». L’engagement des Etats-Unis au Moyen-Orient coûte des milliards de dollars qui seraient mieux dépensés au profit du contribuable américain, a-t-il souvent indiqué. Pour lui, il faut par ailleurs laisser « d’autres » partenaires, notamment les pays arabes du Golfe, faire le travail sur place.

N.B., avec agences et Euronews

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