Tahar Ben Lakhdar, co-fondateur et PDG d’ESPRIT souligne les lacunes de l’enseignement...

Tahar Ben Lakhdar, co-fondateur et PDG d’ESPRIT souligne les lacunes de l’enseignement supérieur tunisien en rapport avec le marché du travail

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Dans une interview parue en anglais accordée à oxfordbusinessgroup.com, Tahar Ben Lakhdar, universitaire tunisien, co-fondateur et directeur d’ESPRIT, s’est exprimé à propos de l’Enseignement supérieur tunisien et les défis auxquels il fait face à l’heure actuelle, notamment en relation avec l’économie et le marché d’emploi.

En réponse à la question « Comment l’enseignement supérieur en Tunisie peut-il être adapté aux besoins du marché du travail? », Ben Lakhdar a répondu : « L’enseignement supérieur public en Tunisie a largement échoué à préparer comme il faut les étudiants aux besoins du marché du travail. Il est souvent rigide et inadéquat à un marché du travail en constante évolution. Il a traditionnellement compté sur l’idée que l’acquisition d’un savoir prédéterminé entraînerait des compétences utiles…La connaissance encyclopédique n’intéresse plus le marché du travail, les entreprises cherchent les étudiants capable d’utiliser ce qu’ils apprennent pour surmonter les défis inattendus. »

Par ailleurs, la pédagogie des écoles d’ingénieurs diffère et repose sur le système CDIO (Conceive-Design-Implement-Operate), un système basé sur l’approche de Massachusetts Institute of Technologie (élaborée vers la fin des années 90) et qui se traduit en français par (Imaginer, Concevoir, Réaliser et Exploiter). Ce système devrait « mieux préparer les étudiants aux demandes de main-d’œuvre réelles. ». Selon lui, les établissements tunisiens d’enseignement supérieur devraient s’ouvrir davantage et veiller à développer leurs méthodes d’enseignement, notamment en demandant « des accréditations internationales » et « mieux équiper leurs étudiants » pour intégrer l’économie mondiale.

En rapport avec la recherche appliquée, l’universitaire tunisien a déploré le manque d’investissement par les centres de recherches en Tunisie dans ce type d’études, pourtant « essentielles pour que les entreprises restent compétitives et durables dans le monde aujourd’hui ».

Ce climat décourage les étudiants et universitaires à s’investir davantage dans la voie de la recherche dans l’absence de « valeur ajoutée tangible ». Ainsi, pour « la promotion d’une recherche plus appliquée », il faudra établir « plus de partenariats entre les entreprises, les centres de recherche et les établissements d’enseignement supérieur tunisien ». A ce niveau, il est nécessaire « d’améliorer l’expérience éducative de leurs élèves en agissant comme pré-incubateur ». Dans cette perspective, « Les étudiants devraient se considérer non seulement comme de futurs employés, mais aussi comme futurs entrepreneurs susceptibles d’innover et de créer de la valeur. »

Le fondateur d’ESPRIT a souligné à ce stade les limites des « incubateurs indépendants » qui ont de « la difficulté à trouver suffisamment d’entrepreneurs avec des idées assez bonnes, en partie parce que les entrepreneurs qui se présentent ne possèdent aucune expérience de démarrage ». Ainsi, « les environnements de pré-incubateurs dans les établissements d’enseignement supérieur » doivent offrir « aux étudiants l’expérience de démarrage dont ils ont besoin, les aider à affiner leurs idées et à augmenter la probabilité que leurs start-up réussissent une fois dans le monde réel ».

Enfin, Tahar Ben Lakhdar a attiré l’attention sur « les conflits d’intérêts » générés par le double rôle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche en tant qu’ « acteur dans le système » et « régulateur pour les institutions publiques et privées ». Une réforme efficace doit alors garantir l’égalité des chances, notamment pour obtenir des bourses et créer « un organisme de réglementation publique indépendant de l’administration des universités publiques du pays ».

N.B

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