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Technologie et relations internationales : vecteur de domination ou de coopération ?

  1. Dimensions économiques, culturelles et de développement.

 

Ayant réévalué sous la pression des EU sa monnaie, le Japon a concentré ses financements et sa créativité sur les parties nobles de la chaîne de valeurs, en disséminant ses investissements extérieurs et une partie de sa technologie à travers l’ensemble de la région, ce dont a profité notamment la Chine. Souffrant de la surpopulation, ce pays, ainsi que l’Inde ont misé sur le facteur travail à travers « la reverse technology » suivie par la suite de la « reverse innovation ».Il s’agit de technologies et de process fiables, simples, économes et robustes correspondant aux niveaux de développement, aux moyens et aux besoins des PED, notamment en Afrique.

 

L’Inde a développé ainsi une industrie pharmaceutique pour la production de génériques ou de médicaments de maladies et infections tropicales ne figurant pas parmi les priorités des multinationales occidentales du secteur.

 

Sur le plan culturel, la suprématie des mass média et réseaux sociaux et la maîtrise des applications informatiques ont renforcé le soft power des EU à travers le monde où, la mondialisation aidant, le mode de vie et les produits américains allaient conduire au nivellement des cultures et civilisations sous l’empreinte américaine.

Suite à la réaction française, l’UNESCO notamment, au risque de déplaire à Washington, a reconnu la diversité culturelle et établit des programmes en vue de réhabiliter et de faire connaitre les spécificités civilisationnelles des Etats membres.

 

La nouvelle révolution industrielle, en rapprochant le monde réel du monde virtuel – à travers l’établissement de l’interconnexion et des applications informatiques- risque d’ « ubériser » l’économie mondiale.

 

La centralisation des données et l’apparition de l’ordinateur quantique de Google, à la puissance inégalée, risquerait à terme de modifier profondément la nature et l’impact d’Internet sur les plans individuel et sociétal. Du reste le WEF considère que si les révolutions industrielles portaient sur « l’avoir » de l’Homme, la 4e révolution industrielle ou « industrie 4.0 » risquerait de transformer l’ « être ». Du smartphone à vibreur aux vêtements « intelligents », de l’organisation du travail au transport ubérisé, le numérique risquerait d’influencer nos modes de vie et de pensée.

 

La tendance serait en faveur du travail individuel et de l’initiative privée avec la valorisation de l’immatériel et de l’innovation, au détriment des facteurs du capital et du travail dans la production de biens et services.

 

Cette évolution risquerait d’aggraver les disparités de distribution des richesses et des niveaux de développement entre pays, dont beaucoup n’arrivent pas encore à généraliser le raccordement de l’électricité à leurs habitants. Ce risque est d’autant plus grave que la majorité des accords de coopération en matière scientifique et technologique sont conclus entre des pays à niveaux proches ou à fort potentiel de développement. Ainsi, à titre indicatif, le Canada a conclu de pareils accords avec les EU, l’UE et les pays du BRIC. De même, Israël est le premier bénéficiaire de cette coopération avec l’UE parmi les pays du Sud de la Méditerranée qui, soit ne disposent pas de capacité d’assimilation nécessaire, soit privilégient plutôt l’aide financière communautaire.

 

Le clivage n’est plus actuellement entre le Nord-Sud ou Est-Ouest, mais entre pays ayant ou non réussi leur intégration à la mondialisation, ce qui n’est conditionné ni par l’effet de masse  ni l’ampleur des ressources naturelles et financières :Singapour en constitue l’exemple éloquent en étant le fruit d’une vision, d’une volonté politique, d’une ténacité, d’un culte du travail et d’aptitudes à la création et l’innovation.

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