l’Ambassadeur Abdelaziz Hamzaoui

Témoignage concernant l’Ambassadeur Abdelaziz Hamzaoui. Exigence et sens de l’Etat.

Bien que l’agrément ait été accordé par les autorités britanniques pour la nomination de l’Ambassadeur Hamzaoui à Londres, le Président Bourguiba s’est ravisé au moment de la signature du décret et de la lettre d’accréditation suite à l’interférence de l’entourage présidentiel.

Dans la lettre qu’il avait adressée, fin octobre 1981, au Président de la République, l’Ambassadeur Hamzaoui a mis en exergue le « préjudice porté au sérieux et à la crédibilité de l’Etat du fait du revirement inattendu sous prétexte d’une amitié avec une haute personnalité très proche du pouvoir.
Faisant fi des considérations personnelles il a indiqué qu’il aurait pu agréer d’être sacrifié si ce revirement était motivé par « l’intérêt supérieur de la Tunisie ou du fait de contingences internationales imprévues ».

Il avait souligné que « dans un Etat de droit nul n’est ou ne doit être au dessus des lois, ni trop grand pour être comptable de l’exercice du pouvoir », en ajoutant qu’il continue à croire en « l’équité et la décence du peuple tunisien ». Il conclut par le souhait de ne pas voir la maladie et la vieillesse ternir l’œuvre et la place dans l’histoire du Président Bourguiba.

L’Ambassadeur Hamzaoui connut par la suite une traversée éprouvante du désert dont il s’en tira dignement et stoïquement avant d’être réhabilité et désigné à la tête de notre mission diplomatique à Londres.

C’est là un message sur le sens de l’Etat que nos jeunes collègues sont invités à méditer et une leçon de courage, d’abnégation et d’exigence éthique et professionnelle à l’égard de soi et envers les autres aussi haut placés soient-ils.

Mongi Lahbib

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