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The Guardian met l’accent sur le débat déclenché en Tunisie à propos de l’égalité homme-femme et ses répercussions dans la région

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Dans un article fleuve publié le 4 septembre 2017, The Guardian est revenu sur le débat déclenché en Tunisie à propos de l’égalité d’accès à l’héritage et du mariage d’une musulmane avec un homme de confession différente. Ce débat qui a suscité des réactions différentes au-delà de la Tunisie, continue à opposer progressistes et radicaux dans toute la région du MENA.

Le mois dernier, le président Beji Caied Essebsi a annoncé son soutien à une égalité parfaite des droits, en indiquant qu’il était temps pour les femmes tunisiennes de jouir des mêmes avantages que les hommes, d’avoir la liberté d’épouser un homme de confession différente en plus de l’accès équitable à l’héritage.

La constitution votée en 2014, considérée comme l’une des plus progressistes de la région, doit garantir l’égalité de tous les citoyens tunisiens, hommes et femmes, et une réforme profonde doit suivre afin de mettre en pratique cette notion d’égalité. Dans ce contexte, le président Beji Caied Essebsi a clairement déclaré que « L’État a le devoir d’assurer l’égalité totale entre les femmes et les hommes ».

Après avoir voté une loi avant-gardiste mettant fin à la violence physique et morale à l’égard des femmes, des questions plus sensibles restent à résoudre, touchant à certaines lois islamiques en vigueur dans la majeure partie du monde musulman. En effet, si un homme musulman a une liberté totale de choisir son épouse, même de confession différente et sans qu’elle ne se convertisse à l’islam, une femme musulmane n’a pas cette liberté. Aussi, les hommes reçoivent généralement le double de l’héritage des femmes.

La Tunisie,affirme le journal londonnien, a choisi de renforcer son statut de pays de droits, malgré l’opposition à l’intérieur et à l’extérieur menée par certains radicaux.
L’initiative est saluée par les militants des droits de la femme, des partis politiques progressistes et des organisations internationales en faveur des droits de l’homme. Rym Mahjoub, députée du parti libéral Afek Tounes a indiqué sur les ondes d’une radio locale : «En tant que femme, je suis fière que cette question soit discutée maintenant … cela ne signifie pas … que nous annulons la discussion autour d’autres questions importantes ».

Amna Guellali, chercheuse principale en Tunisie et en Algérie pour Human Rights Watch, a déclaré que l’annonce marquait « le début d’un débat sain autour de certaines lois coraniques en mesure d’être interprétées pour refléter de nouvelles sociétés ». Elle a ajouté : « Ce n’est pas un débat qui se déroule exclusivement en Tunisie, il concerne toute la région… reste à voir s’il conduit à un véritable changement ».

L’académique et féministe Dalenda Larguèche, de l’Université de Manouba à Tunis, a déclaré qu’elle était « ravie » par l’initiative présidentielle « visant à promouvoir l’égalité ».
« Il n’y a pas de tabous aujourd’hui. Avec cette nouvelle Tunisie, nous sommes un exemple pour le monde arabe et un exemple pour d’autres femmes et pays musulmans. Si nous avons pu créer une constitution progressiste, c’était grâce aux femmes tunisiennes ». A-t-elle affirmé.

Toutefois, ce mouvement rencontre une opposition de taille de la part de certains partis politiques tunisiens et organismes religieux internationaux dans la région.
Pour Jamila Ksiksi, du parti islamique Ennahdha, « le président devrait se concentrer sur d’autres problèmes, comme le chômage élevé et la hausse du coût de la vie ». L’ancien ministre de la santé, Abdellatif Mekki et celui des Affaires religieuses, Noureddine Khademi, ont également dénoncé l’initiative de réforme. A titre d’exemple, Khademi s’est dit être « choqué » par le discours du président en formulant son souhait de revoir la proposition dans sa globalité.

Sur Facebook, Mekki qui s’est présenté comme partisan de l’égalité a paradoxalement exprimé son opposition au projet de réforme. Pour lui, celui-ci intervient dans le cadre d’un agenda imposé de l’étranger et soutenu par certaines forces de l’intérieur.
Enfin, Abbas Shuman, d’Al-Azhar,en Egypte, a estimé dans une déclaration publique que la réforme potentielle de l’héritage était «injuste pour les femmes » et qu’elle « n’est pas compatible avec la charia islamique ».

N.B

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