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The Independant revient sur le pèlerinage juif et fait l’éloge de l’île de Djerba

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Plusieurs médias de renommée internationale ont récemment fait l’éloge de l’île de Djerba, et l’exemple unique au nord de l’Afrique qu’elle offre en termes de cohabitation pacifique entre musulmans et juifs.


Cette attention est due à la réussite du pèlerinage de la Ghariba qui a eu lieu en mai 2017. En effet, le pèlerinage a réussi à attirer près du double du nombre de pèlerins par rapport à l’année d’avant dans une ambiance joviale et en toute sécurité.

Le célèbre quotidien britannique The Independant a récemment consacré un article-fleuve au pèlerinage, où il a décrit en détails ses différents rites en mettant l’accent sur les liens forts entre les musulmans et les juifs réunis à Djerba. A titre d’exemple, le journal a attiré l’attention sur les chants spirituels performés par les pèlerins en langue arabe, alors qu’Israël a récemment retiré l’arabe en tant que langue officielle.

« La petite île abrite les derniers juifs tunisiens, avec l’une des plus grandes et les plus dynamiques populations juives dans le monde arabe et la plus ancienne synagogue en Afrique. Chaque printemps, les pèlerins internationaux descendent sur l’île pour célébrer les vacances juives de LagBa’omer et réaffirment l’engagement spécial de l’île à vivre harmonieusement», signale l’article.

A Houmt Souk, qui a les allures d’ « un village grec », on trouve l’atelier du tisserand Mohamed Khacha. L’artisan de confession musulmane fabrique des tapis pour la synagogue depuis près de 50 ans. « Son travail est méthodique et traditionnel, tressage et tissage de frondes de palmier pour en faire des tapis de prière utilisés par les juifs et les musulmans de Djerba. Mohamed et sa fille Amal insistent sur l’importance de la coexistence sur l’Ile». Amal confie que « La chose la plus importante pour nous est de montrer qu’à Djerba, à Tunis, en Tunisie, dans le monde entier, les musulmans et les juifs peuvent vivre ensemble ».

Selon l’article, le pèlerinage prend avec les années des allures d’ « une gigantesque réunion de famille », rassemblant un grand nombre de juifs d’origine tunisienne. A l’intérieur de la Synagogue, nous trouvons des drapeaux tunisiens de petite taille qui ornent « le toit ouvert ». Le français, l’arabe et l’hébreu se mélangent. « Les femmes inscrivent leurs vœux sur les œufs » et les déposent dans la cave sacrée tandis que d’autres murmurent des prières et allument des bougies blanches sur les chants traditionnels performés par un pèlerin expérimenté.

La fête n’est pourtant pas exclusivement juive. Des musulmans et musulmanes participent, remarquables à « la manière dont ils attachent leur voile ». « Tout le monde est bien accueilli ,la fête est ouverte à tout le monde, l’appel à la prière de la mosquée à côté se mêle au chant des pèlerins juifs, un autre rappel que sur cette île, les cultures se mélangent constamment».

Au dernier jour du festival, le pèlerinage prend complètement une vibration de fête alors que tout le monde commence à se reconnaître. « À l’intérieur de la synagogue, deux filles musulmanes tunisiennes écrivent des vœux en arabe sur leurs œufs durs. Ce n’est pas leur tradition, mais cela n’a pas d’importance ». A Djerba, les œufs de tout le monde sont déposés côte à côte au cœur de la synagogue. Comme le dit Amal, la fille du tisserand, «la chose la plus importante pour nous est notre humanité».


N.B

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