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Tripoli : MSF réclame l’évacuation « de toute urgence » de milliers de réfugiés et migrants

Des milliers de réfugiés et migrants, tenus prisonniers dans des centres de détention à Tripoli, risquent d’être victimes des combats en cours entre milices et doivent être évacués de Libye « de toute urgence », préconise aujourd’hui vendredi Médecins sans frontières (MSF).

Dans un communiqué, l’ONG explique que « au troisième jour d’un fragile cessez-le-feu à Tripoli (…) plusieurs milliers de réfugiés et migrants sont toujours pris au piège dans les centres de détention de la capitale. MSF demande que les mécanismes de relocalisation, au point mort depuis plusieurs mois, soient activés de toute urgence afin que ces personnes soient évacuées du pays le plus rapidement possible ».

« Plusieurs centres de détention de Tripoli sont situées sur les lignes de front », témoigne Ibrahim Younis, chef de mission MSF en Libye. « La distribution d’eau et de nourriture, habituellement assurée par une poignée d’organisations internationales qui sont aujourd’hui contraintes de suspendre leurs activités en raison de l’insécurité, est devenue très aléatoire et l’aide médicale disponible insuffisante ».

« Niveaux extrêmes de violence et d’exploitation »

La majorité des réfugiés et migrants en Libye restent exposés à des niveaux extrêmes de violence et d’exploitation, qu’ils soient à l’intérieur ou non des centres de détention officiels, souligne l’organisation humanitaire. Beaucoup sont encore retenus captifs dans des lieux tenus par des trafiquants, victimes de torture, sont sous la coupe de réseaux criminels ou essaient de se cacher et de trouver un moyen d’échapper à ces conditions cauchemardesques, dénonce aussi MSF. « Fuir par bateau est rendu chaque jour plus difficile par les efforts des autorités libyennes et européennes pour bloquer les opérations de recherche et secours en mer et pour intercepter et renvoyer un maximum de personnes en Libye, où elles sont ensuite maintenues dans un système de détention arbitraire. »

L’ONG souligne aussi que les combats n’avaient pas atteint un niveau aussi violent à Tripoli depuis des années, avec notamment le bombardement intense de zones résidentielles. Dès le début des combats entre milices rivales, le 26 août, « MSF a perdu l’accès à l’un des centres de détention les plus peuplés où ses équipes se rendaient régulièrement, privant les 700 personnes confinées à l’intérieur de soins et d’assistance », poursuit le communiqué. « Dans les jours suivants, ces restrictions se sont étendues à quatre autres centres. » « Des ressources et des mécanismes de relocalisation dans un pays tiers existent et doivent être activés immédiatement », estime Ibrahim Younis.

Les affrontements entre milices et groupes armés se partageant le contrôle de la capitale libyenne, entretenus par l’absence de cadre étatique inclusif, ont fait au moins 63 morts et 159 blessés selon le ministère de la Santé.

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