Trump-Netanyahou : Deux politiques réunis par un mur sectaire qui génère des...

Trump-Netanyahou : Deux politiques réunis par un mur sectaire qui génère des intérêts économiques

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Le 28 janvier 2017, quelques jours après l’investiture de Donald Trump, le PM israélien Benjamin Netanyahou n’a pas hésité à manifester tout son soutien au nouveau président des Etats-Unis notamment pour son projet grandiose de bâtir un mur au niveau des frontières avec le Mexique.

Dans ce contexte, l’homme d’Etat israélien a tweeté : « Le président Trump a raison. J’ai construit un mur sur la frontière sud d’Israël. Plus aucune immigration clandestine depuis. Grand succès. Grande idée ».

Bâtir des murs, nouvelle tradition juive moderne

Si certains pourraient penser au tristement célèbre mur de l’Apartheid sur la frontière avec la Cisjordanie (en violation du droit international d’après la Cour internationale de justice), Netanyahu fait en réalité référence à un tout autre mur, long de quelques 245 kilomètres et bâti à la frontière égyptienne sous le nom de « Sablier ». Pour le finir, il a fallu attendre de longues années du 22 novembre 2010 au 18 janvier 2017.

Ce dernier a pour but de bloquer tout accès aux africains qui fuient la guerre et tentent de demander l’asile en Israël. Ceux-là, Israël refuse de manière catégorique d’accepter ou de même étudier les dossiers, l’Etat hébreu n’en veut tout simplement pas.

Sectarisme, racisme, rejet, un mur les réunit

Dans ce cadre, les autorités ont mis une série de mesures dont le mur, afin de « mettre un terme aux nouvelles arrivés et encourager ceux qui sont déjà arrivés ».

Fait ironique, le soutien du PM israélien à la construction du mur de Trump a été annoncé le lendemain de la Journée Internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, ceux qui fuyaient, comme les demandeurs d’asile africains d’aujourd’hui, la guerre, le génocide, la faim, la mort sous tous ses aspects. A ce propos, un journaliste israélien, Asher Schechter, a commenté dans son article paru dans Haaretz : « quelle triste ironie de l’Histoire que, de tous les pays, celui qui se vante du succès avec lequel il a repoussé des survivants de génocides et de brutales dictatures le lendemain de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste soit le Premier Ministre d’Israël. Vous savez, ce pays doit son existence même à la détresse et les souffrances des victimes du plus grand génocide de l’Histoire moderne ».

Pouvoir et population partagent la même opinion 

Ce pendant, ce noble avis ne fait pas unanimité ni chez la population ni dans les sphères du pouvoir.

En effet, un sondage qui date de janvier 2014 publié par « Israel Hayom » (Israël aujourd’hui) a révélé que 61.3% des juifs vivant en Israël soutiennent l’envoi des migrants clandestins vers un pays tiers, 18.4% sont pour leur arrestation ou leur mise dans lecamp-prison d’Holot. Quelques 11.6% seulement sont en faveur de leur intégration.

Du côté des responsables, les opinions ne sont pas différentes. Eli Yishai, Ministre de l’Intérieur en octobre 2009, a déclaré sur la chaine Aroutz 2 que les réfugiés africains « amèneront avec eux quantité de maladies : hépatite, rougeole, tuberculose, le sida et les drogues ».

En mai 2012, Miri Regev, député Likud à la Knesset et porte-parole de l’armée a déclaré dans un discours devant des milliers d’israéliens que les africains « sont un cancer dans (le) corps ». Et d’autres propos tenus par des politiques israéliens sont encore plus racistes les uns que les autres.

Par ailleurs, à l’étranger, les juifs semblent être moins racistes et sectaires et leur point de vue est parfois aux antipodes de celui des israéliens.

L’intérêt économique commun

A Israël, les idées de Netanyahu font échos à celles de Donald Trump qui a enflammé des foules grâce à ses propos racistes, anti-islam et anti-immigration. Il n’est pas surprenant alors que les deux chefs d’Etat partagent le même enthousiasme à propos d’un mur qui condamnera des milliers aux frontières de leurs deux pays prospères.

Notons enfin que la construction du mur n’est pas uniquement motivée par le racisme, le rejet de l’autre, la ségrégation et le refus d’aider quelqu’un en dehors de sa communauté. Il  y a aussi l’enjeu économique et financier d’un tel projet. Dans ce cadre, le DG de Magal Security Systems en Israël (bâtisseur de la barrière israélienne autour de Gaza), Saar Koursh, s’est déclaré partant pour bâtir le mur, vantant entre autres son expérience dans le domaine ainsi que la qualité de sa clôture munie de capteurs à fibres optiques, comme celles qu’on trouve dans les aéroports et les ports du monde entier.

 

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