Secrétaire général de l'ONU
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A Tunis, le Secrétaire général de l’ONU appelle les jeunes à s’impliquer pour résoudre les défis mondiaux

Au dernier jour de sa visite à Tunis, le Secrétaire général de l’ONU a rencontré les étudiants de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales pour les appeler à s’impliquer dans la résolution des grands défis du moment.

« La croissance des inégalités, le changement climatique et la multiplication des conflits sont trois des défis principaux auxquels nous sommes confrontés et ils figurent au cœur des travaux de l’ONU », a déclaré António Guterres devant ces jeunes Tunisiens. Evoquant son expérience de chef de gouvernement du Portugal de 1995 à 2002, il a encore déclaré : « Quand j’étais au gouvernement dans les années 1990, nous étions convaincus non seulement que la mondialisation et les progrès technologiques augmenteraient la richesse dans le monde mais que cette richesse bénéficierait à tout le monde. […] Nous nous sommes trompés. »

Les limites de la mondialisation

« Même si la mondialisation et les avancées technologiques ont énormément augmenté le commerce et la richesse et [que] nous vivons aujourd’hui en grande partie beaucoup mieux qu’il y a quelques décennies », une poignée d’hommes détient la même quantité de richesses que la moitié de la population mondiale, une situation « totalement inacceptable », a-t-il ajouté.

La mondialisation n’a pas profité à tous, et les populations vivant dans les anciennes régions industrielles et les jeunes, même éduqués, notamment dans le monde arabe, font partie de ceux qui n’en ont pas tiré profit, a expliqué M. Guterres.

Cette dynamique inégalitaire a entraîné des frustrations qui se sont parfois traduites en mouvements positifs, tel le printemps arabe en Tunisie, « qui a produit une véritable transition vers la démocratie ». Mais ces mêmes frustrations ont également pris la forme de mouvements de « radicalisation islamiste », ou de « xénophobie et de suprématie blanche », des radicalisations qui ont été « ponctuées par des actes de terrorisme des deux côtés », a-t-il encore souligné.

« Nous sommes en train de perdre notre bataille contre le changement climatique »

Le Secrétaire général a regretté que bien que tous les indicateurs – recul des glaciers, fonte des glaces polaires, élévation de la température des océans, désertification – révèlent une situation « bien pire » que les prévisions d’il y a vingt ans, la volonté politique perd son élan. « Il y a encore des investissements dans les combustibles fossiles, qui font même l’objet de subventions. Il n’y a toujours pas de prix du carbone dans 80 % du monde et la volonté politique de combattre le changement climatique est vraiment insuffisante face à la dimension du défi », a regretté le chef de l’ONU. Pointant les conséquences de ces changements accélérés, il a insisté sur les dangers de la sècheresse, qui « pousse des millions de personnes à migrer » et dont les vagues de chaleur affectent considérablement la santé, tuant désormais « des milliers de personnes ».

Revenant sur les récents rapports qui indiquent que le changement climatique s’accélère et qu’il faudrait tout faire pour s’assurer que le réchauffement de la planète ne dépasse pas les 1,5ºC et pour atteindre un niveau de « zéro émission » d’ici 2050, il a appelé les étudiants à s’impliquer dans la lutte contre le changement climatique. « Il faut un sursaut et là la jeunesse a un rôle essentiel parce que votre génération va subir toutes les conséquences des changements climatiques et ma génération n’est pas en train de faire tout ce qu’il faut pour contenir ce fléau au niveau nécessaire », a affirmé M. Guterres.

Une multiplication des conflits dans le monde arabe

Selon le chef de l’ONU, le troisième défi mondial dans la résolution duquel les jeunes doivent s’impliquer davantage est la multiplication des conflits, dont la plupart sont des conflits nationaux, « qui prennent rapidement une dimension régionale voire globale ».

La population arabe représente 5 % de la population mondiale, mais 40 % des personnes déplacées, 52 % des réfugiés et 68 % des victimes de terrorisme sont arabes, une situation qui affecte particulièrement le monde arabe, a signalé M. Guterres. Il a appelé à investir dans la prévention et la médiation qui pourraient permettre d’éviter des conflits. « Le développement, le respect des droits de l’homme et les institutions démocratiques sont les meilleures formes de prévention de conflits », a ainsi affirmé le chef de l’ONU.

Dynamisme de la Tunisie

M. Guterres a salué le dynamisme de la Tunisie qui a su construire une « société basée sur la tolérance, les droits de l’homme et la démocratie ». C’est par ailleurs un pays qui a « fait preuve d’un accueil généreux face l’afflux de réfugiés lors de la crise libyenne ».

Des avancées qui ont surtout été rendues possibles grâce à l’activisme de la société civile. Celle-ci a largement pris part à la prévention des conflits car « les gouvernements ont parfois du mal à remédier aux maux de nos sociétés », a observé Antonio Guterres. « C’est la société civile, et notamment les mouvements étudiants, qui nourrissent l’un de mes plus grands espoirs : que nous serons en mesure de répondre aux inégalités, d’inverser le changement climatique et d’améliorer la situation de paix et de sécurité. »

N.B., avec ONU Info

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