Photo : FTDES

Tunisie : 36 suicides et tentatives de suicide signalés en mai (FTDES)

Une étude publiée aujourd’hui lundi par le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) rapporte que 36 cas de suicide et de tentatives de suicide ont été enregistrés en mai 2020, contre 30 en avril.

Le gouvernorat de Jendouba est en tête des régions présentant le plus de cas de suicide et de tentatives de suicide, avec 10 cas, suivi de Kairouan (8), Kasserine (3) et des gouvernorats de Médenine, Nabeul, Kebili, Mahdia, Médenine et Sfax (deux cas chacun). Viennent ensuite Ben Arous, Tunis, Siliana, Sidi Bouzid et Gafsa, avec un seul cas.

تقرير شهر ماي 2020 حول الاحتجاجات الاجتماعية وحالات الانتحار والعنف

Publiée par Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux sur Lundi 15 juin 2020

Le phénomène semble surtout toucher les hommes, puisqu’ils totalisent 72 % des victimes de suicide et de tentatives de suicide. Les enfants et préadolescents de moins de 15 ans ainsi que les personnes âgées de 36 à 45 ans représentent le groupe d’âge le plus affecté par le phénomène, regroupant à eux seuls 28 % des cas de suicide et de tentatives de suicide, suivis par le groupe des 26-35 ans (22 %).

Phénomène rarissime : un acte de suicide a été effectué par un homme de 77 ans dans la ville de Sfax.

Le rapport indique en outre que la pendaison est l’une des formes de suicide les plus utilisées (33 %), derrière l’auto-immolation (environ 50 %), ou encore l’ingestion de substances toxiques (5,6%).

Recrudescence de la crise socioéconomique

Ce qui a été frappant, constate le forum dans le même rapport, lors des manifestations du mois de mai 2020, c’est que les manifestations à caractère violent ont représenté le type de manifestations le plus fréquent : plus de 50 % de l’ensemble des protestations. Cette violence ne cible pas nécessairement les représentants des instances dont la mauvaise gestion de la crise économique pré et post-Covid 19 est dénoncée par les manifestants : elle concerne également des actes de violence « auto-infligés ». Le suicide par immolation revêt ainsi une forme d’acte désespéré de protestation motivée. Un phénomène qui a notamment été observé parmi les employés de cafés qui n’ont pas pu améliorer leur situation sociale et subvenir à leurs besoins vitaux.

Manque de visibilité pour les travailleurs précaires

Le rapport note enfin que la situation sociale n’augure rien de rassurant pour les semaines et mois à venir : elle sera fortement liée à l’évolution, qui paraît incertaine, de la situation économique et sociale dans le pays et à l’efficacité de la stratégie de relance et de réforme du gouvernement pour surmonter cette crise. L’avenir de la situation socioéconomique des Tunisiens reste conditionné aux développements – aléatoires – qui seront dessinés en cette période de fin du confinement ciblé. Mais l’ampleur des pertes économiques dans nombre de secteurs d’activité, occasionnées par la suspension totale durant un mois et demi de la vie économique face à la pandémie du coronavirus, plonge en tout cas dans l’inquiétude bon nombre de travailleurs précaires ou non qualifiés et de chômeurs tunisiens déjà en mal d’intégration dans le tissu social.

N.B.

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