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Tunisie : Que cache le faible taux d’inscription aux élections municipales du 17 décembre prochain ?

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En Tunisie, les élections municipales sont à l’horizon. Toutefois, le faible taux d’inscription au vote traduit une nette réticence parmi les citoyens, démotivés par l’état de désorganisation au sein des partis politiques.

Le 17 décembre 2017, auront lieu des élections dans 350 municipalités et 24 conseils régionaux répartis dans les gouvernorats et, au total, un concours pour environ 7224 sièges. L’Instance électorale a attribué un budget de 68 millions de dinars à cet exercice démocratique majeur.


Middleeastmonitor.com est revenu en détails sur cette étape du processus démocratique et de l’attitude réticente adoptée par une partie des tunisiens vis-à-vis les prochaines élections. Selon Nabil Bafoun, membre de l’ISIE, le processus souffre doublement de l’absence de programmes des partis politiques et du manque d’implication de la société civile dans le processus d’inscription des électeurs.

Dans ses déclarations, Bafoun a indiqué que le nombre d’électeurs enregistrés jusque là a atteint les 167 770 électeurs, dont 30 252 mises à jour pour les personnes inscrites qui ont changé leurs adresses de résidence. A noter que le processus d’inscription des électeurs a commencé le 19 juin et se poursuit jusqu’au 10 août. L’ISIE doit annoncer la liste finale des électeurs après l’expiration des appels, avant le 18 septembre.

Ces élections exposent le problème des partis politiques tunisiens, nombreux et désorganisés. Des politiques ont d’ailleurs appelé au report, pour laisser une chance équitable à tous les partis dont les nouveaux qui viennent d’émerger ou les partis au budget limité. Le parti le plus apte à soulever le défi électoral demeure celui d’Ennahdha.


Par ailleurs, des observateurs ont parlé de l’abstinence des grands partis à faire connaitre via des conférences et des meetings l’importance de ces élections, un facteur qui renforce le désintérêt des tunisiens. Dr Riadh Chouaibi, secrétaire général du parti « Al-Bina al-Watani », a quant à lui expliqué le faible taux d’inscription par le sentiment de déception, de frustration et d’insatisfaction ressenti par la population notamment à cause de la situation économique et sociale difficile.


Pour sa part, Ali Moubarak, analyste politique tunisien, a considéré que « la scène politique en Tunisie est brumeuse » et que « l’imprévisibilité de l’environnement politique a eu une incidence négative sur le choix des citoyens ». La faible performance des politiciens a dû influencer dans le même sens le choix d’abstinence.

Enfin, la démission du président et des vice-présidents de l’ISIE,l’absence d’une loi qui établit clairement la gouvernance locale susceptible d’engager de réels changements dans la politique de la gestion des municipalités,ont aussi joué leur rôle pour dissuader les tunisiens de participer.


N.B

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