L’artiste urbain eL Seed

Tunisie : eL Seed peint un vers du poète Mahmoud Derwich sur un mur de la Marsa

L’artiste urbain eL Seed, qui a fait ses débuts en 1990, est connu pour être un grand friand de calligraphie arabe. Il fait actuellement de nouveau parler de lui à Tunis, où grâce à son talent il a pu enjoliver un mur de la Marsa. Partant d’une source d’inspiration poétique, il a choisi un vers, qu’il a calligraphié, du poète Mahmoud Darwich, figure prodigieuse de la poésie palestinienne : « Comment guérir de l’amour de la Tunisie ». La page Facebook « Marsa Ville », suivie par des centaines de milliers d’amoureux de cette ville archétypique de la banlieue nord de Tunis, rapporte que « tout est parti d’une simple story Instagram où [eL Seed] disait qu’il était de passage pour quelques jours et qu’il cherchait un petit mur pour s’amuser avec ses enfants. Le lendemain, nous étions au bureau du maire en train de réfléchir au mur marsois qu’il pourrait sublimer. C’est ça une mairie moderne et connectée ! Vous pourrez admirer son œuvre sur le mur de Kahwa el Alya, en attendant son prochain passage en Tunisie et le futur grand projet que nous lui avons proposé », explique-t-on sans plus de précision.

Le surnom « eL Seed » de celui qui s’appelle Faouzi Khlifi trouve sa source dans un tag que celui-ci a réalisé à l’âge de 16 ans, lorsqu’il s’était lancé dans la lecture du Cid de Pierre Corneille. « Quand j’avais 16 ans, [ma prof de français] nous [a dit] que le Cid venait de ‘al-Sayed’, c’est-à-dire l’homme ou le maître. A cette époque-là, je commençais à faire du graffiti et j’ai bien aimé l’intonation du mot, et depuis je suis eL Seed ! », a-t-il expliqué au magazine tunisien Webdo.

Il a séjourné à Montréal, à New York, et affirme être un admirateur de Hassan Massoudy (peintre et calligraphe irakien) et de Nja Mahdaoui (plasticien et calligraphe tunisien), maîtres influenceurs dont les réalisations lui ont fourni des outils importants pour son action artistique. Parmi les célèbres fresques qu’a réalisées l’artiste franco-tunisien figure un graffiti qu’il a peint sur une face du minaret de la mosquée principale de Gabès et qui contient un verset du Coran sur l’importance de la tolérance, un principe qu’il affirme lui être cher.

Il a exécuté une cinquantaine de fresques en 2013, dont il avait entamé le travail trois ans auparavant, sur l’avenue principale de Doha au Qatar. En 2016, eL Seed réalise de nouveau une œuvre atypique, anamorphique, sur plus de cinquante bâtiments du quartier de Manshiyat Naser au Caire. En mars 2017, il reçoit, avec l’artiste égyptienne Bahia Shehab, le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe.

L’artiste fait également partie de la vague d’anciens travailleurs ayant désiré quitter ce qu’ils appellent des « bullshit jobs » pour des carrières moins vides de sens, donc plus « signifiantes », plus utiles, plus épanouissantes et socialement et personnellement plus valorisantes. Il a ainsi raconté à Webdo qu’il a été « directeur logistique aux Etats-Unis » puis « consultant à Montréal », mais qu’il y avait « un truc qui [lui] manquait ». « Je le sentais, il n’y avait aucune utilité et je me demandais souvent ‘qu’est-ce que je fais ?’ et l’art était là, comme une sorte d’exutoire », a-t-il dit au magazine en ligne tunisien.

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer