En Tunisie, les filles scoutes luttent contre le terrorisme et la violence...

En Tunisie, les filles scoutes luttent contre le terrorisme et la violence à l’encontre des femmes

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En Tunisie, le scoutisme est une activité bien répandue depuis des décennies. Après la révolution, les scouts se sont engagés davantage dans la vie des jeunes et se sont impliqués dans leurs problèmes concrets tels que le terrorisme et la violence.

Positive.news a suivi le parcours de deux jeunes femmes scoutes dans le camp de Borj Cedria, Khouloud, 24 ans et Fatma, 28 ans. En effet, Khouloud, chef de scouts, a indiqué que son cousin est parti en Syrie. Toute la famille était sous le choc. Elle a témoigné qu’il a commencé à partager sur Facebook des publications à caractère extrémiste avant de partir. Il aspirait à une vie meilleure, mais « quand il est arrivé en Syrie, il a constaté qu’il n’y avait aucun rapport entre les massacres et la religion. Il a fui et a été arrêté en Allemagne où il a été placé en prison ».

Fatma, 28 ans, est une autre chef de scouts qui travaille avec Khouloud. Elle a été témoin du départ de beaucoup de jeunes dans son entourage, garçons et filles. « Ils se battent en première ligne », a-t-elle indiqué.


Khouloud pense que la faiblesse du système éducatif et le manque d’encadrement font partie du problème. Pour elle, « les cours ne s’attaquent pas à l’extrémisme religieux et ne permettent pas aux jeunes de donner leur avis sur la question. Cela facilite le lavage du cerveau ».

Dans le cadre du scoutisme, Khouloud et Fatma œuvrent à sensibiliser les jeunes quant à la menace du terrorisme, de l’extrémisme et de la violence contre les femmes. Des badges incitant à la tolérance ont été confectionnés à l’occasion.


Wahid Labidi, président des Scouts Tunisiens, partage le point de vue de Khouloud et Fatma. Il a expliqué que le mouvement des scouts a son rôle à jouer de par des programmes riches destinés aux jeunes. Le mouvement tend ainsi à offrir une alternative à la violence et à l’extrémisme et de faire de la résistance au discours radical.


Des activités manuelles, des discussions ouvertes, des espaces d’expression libre et des ateliers artistiques font partie du programme.

Les scouts tunisiens espèrent faire profiter 100 000 jeunes du projet. Fatma a indiqué que beaucoup de jeunes ont témoigné de leurs sentiments vis-à-vis les sujets sensibles. Des personnes qui ont regretté leur départ en Syrie ont été invitées, dans le cadre du programme, pour partager leurs expériences. «Nous faisons de notre mieux pour aider les jeunes à trouver des solutions. Cela se fait à travers les arts, l’artisanat, la poésie et la danse. Il est utile d’orienter leur énergie vers quelque chose de positif». A-t-elle expliqué.


Nicola Grinstead, président de l’Association mondiale des Scouts, a assuré que l’un des objectifs primordiaux du projet est de permettre aux scouts à travers le monde de participer au développement de leurs communautés respectives et d’être des éléments productifs et créatifs dans leurs sociétés.


Khouloud et Fatma ont affirmé qu’elles se sentent particulièrement fières d’appartenir aux scouts, notamment parce que ces derniers luttent contre la violence à l’encontre des femmes. Selon leurs expériences, le cadre de l’activité et de la discussion a permis de sauver beaucoup de jeunes, en leur permettant de s’ouvrir à leur entourage et s’exprimer librement sur l’actualité.


N.B
Copyrights de l’image :scouts tunisie

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