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Tunisie : l’égalité dans l’héritage pourrait stimuler l’entrepreneuriat des femmes

Le magazine économique américain Forbes a soutenu, dans un article publié le 22 août, que l’adoption d’une loi scellant l’égalité devant l’héritage en Tunisie pourrait apporter un nouveau souffle à la dynamique entrepreneuriale des femmes. « La semaine dernière, le président tunisien Béji Caïd Essebsi a proposé que l’égalité des droits entre hommes et femmes en matière d’héritage devienne une loi », rappelle le magazine. Si cette proposition de réforme était actée dans la législation tunisienne, « la Tunisie serait le premier pays du monde arabe à instaurer un héritage égal ». Ce faisant, l’égalité successorale pourrait stimuler l’inclusion financière des femmes tunisiennes dans l’économie du pays, souligne encore le magazine, qui estime que l’adoption d’une telle loi pourrait faire du cas tunisien un précédent historique pour l’ensemble de la région et hisser encore plus haut dans l’échelle économique du monde arabe l’esprit entrepreneurial des femmes.

L’inégalité dans l’héritage paralyse l’autonomie économique des femmes

En citant Nabila Hamza, co-fondatrice de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), Forbes souligne que « le droit de succession [actuel] est un obstacle important pour les femmes [car il] réduit leur autonomie économique. Seulement 12% [des Tunisiennes] possèdent une maison et seulement 14% détiennent des terres ». Or, sans propriété comme garantie financière, il est difficile d’obtenir un prêt auprès d’une banque pour créer une entreprise, a rappelé la vice-présidente du Conseil municipal de la Marsa citée par le magazine économique.

Pour concrétiser leur projet de création d’entreprise, les femmes entrepreneures tunisiennes sont ainsi sans cesse confrontées au défi de la sécurisation des prêts, qui les bloque souvent dans leurs démarches. Ce printemps, la SFI (Société financière internationale, organisation de la Banque Mondiale) a publié un rapport soulignant l’importance de l’impact économique des prêts que pourraient accorder les banques tunisiennes aux femmes désirant se lancer dans une activité économique indépendante. Relatant l’expérience d’une propriétaire tunisienne d’une petite bijouterie, la SFI a expliqué que lors de l’évaluation d’une demande d’emprunt, les banques ne prennent pas suffisamment en considération la qualité et la portée du projet soumis, ou les qualités de l’entrepreneur. Les établissements de crédit ne s’intéressent, estime la SFI, qu’aux garanties apportées. « La demande de crédit pour les petites et moyennes entreprises (PME) détenues par des femmes se situe aux alentours de 595 millions de dollars » mais « ces besoins financiers sont largement insatisfaits », indique ainsi le rapport cité par Forbes.

Pourtant, la SFI assure dans son enquête que les femmes entrepreneures tunisiennes sont « plus éduquées » que les hommes et sont connues, « en particulier parmi les institutions de microfinance », pour le dynamisme et la prudence dont elle font preuve dans la gestion de leurs projets économiques. « Bien que la Tunisie ait les lois les plus progressistes en matière de droits des femmes dans la région, cela ne s’est pas [encore] traduit par une participation économique à grande échelle des femmes », pointe encore la SFI, qui affirme que par conséquent, des initiatives doivent être prises pour aider les femmes à s’informer des moyens, notamment juridiques, de tirer parti de leurs nouveaux droits et de s’en servir comme des atouts au service d’une inclusion économique plus active.

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