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La Tunisie occupe la 54e position dans l’Indice de préparation des Etats à l’intelligence artificielle

Compilé par Oxford Insights et le Centre de recherches pour le développement international (CRDI), l’indice 2019 de préparation des Etats à l’intelligence artificielle dans le monde place la Tunisie à la 54e position mondiale et dans le Top 5 des pays d’Afrique. Les gouvernements africains du Top 5 – Kenya, Tunisie, Maurice, Afrique du Sud et Ghana – affichent des développements bien documentés dans leurs secteurs technologiques, explique ainsi le rapport.

Les technologies de l’intelligence artificielle (IA) devraient ajouter 15 000 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici à 2030. Selon les conclusions de l’Indice 2019 relatif à l’utilisation de l’IA et établi par l’organisme de conseil en stratégie digitale Oxford Insights, et comme on pouvait s’y attendre, les gouvernements des pays du Nord sont mieux placés pour tirer parti de ces gains que ceux du Sud. Il en ressort également qu’il existe un risque que les pays du Sud soient les laissés pour compte de la présumée quatrième révolution industrielle. Non seulement ils risquent de ne pas se voir récolter les avantages potentiels de l’IA, mais il existe de surcroît un risque que leur mise en œuvre inégale aggrave les inégalités mondiales, indique Oxford Insights dans la présentation des résultats de son Indice.

Un danger déjà souligné par plusieurs sources, dont le mensuel économique français Alternatives Economiques.

https://twitter.com/oxfordinsights/status/1130628723655397376

Amélioration accrue des services publics

L’IA a le pouvoir de transformer la manière dont les gouvernements du monde entier fournissent les services publics à leurs citoyens. Certains gouvernements appliquent d’ailleurs déjà l’IA dans différentes opérations et dans la fourniture de leurs services publics, améliorant ainsi l’efficacité et la qualité de leurs opérations et prestations publiques et économisant du temps et de l’argent.

En 2017, Oxford Insights a créé le premier indice mondial de l’état de préparation à l’IA des gouvernements, afin de répondre à la question de savoir dans quelle mesure les gouvernements nationaux sont bien placés pour tirer parti des avantages de l’IA dans leurs opérations de fourniture de services publics. Les résultats visent à rendre compte de la capacité actuelle des gouvernements à exploiter le potentiel d’innovation de l’IA.

L’Indice 2019 sur l’état de préparation à l’IA, mis en place avec le soutien du Centre de recherches pour le développement international (CRDI), a été établi grâce à un développement méthodologique de l’enquête et une extension de son champ d’application à tous les pays des Nations unies. Il distingue les gouvernements de 194 pays en fonction de leur état de préparation pour utiliser l’IA.

Les économies développées sont logiquement les mieux placées dans le classement

La note globale est composée de 11 indicateurs regroupés en quatre groupes : gouvernance ; infrastructure et données ; compétences et éducation ; et services gouvernementaux et publics. « Les données proviennent d’une variété de ressources, allant de notre propre recherche documentaire sur les stratégies d’IA, à des bases de données telles que le nombre de startups d’IA enregistrées sur Crunchbase et à des indices liés au développement de l’administration en ligne des Nations unies », indique ainsi Oxford Insights.

L’enquête a divisé les pays par région, à l’exception du groupe des Etats d’Europe occidentale qui ont été séparés pour permettre une analyse plus approfondie de ces gouvernements détenteurs des meilleurs résultats. Pour l’édition de cet Indice, des experts régionaux ont été invités à commenter les performances de chaque groupe de pays afin de compléter les résultats quantitatifs par des informations et des connaissances locales.

« Comme on pouvait s’y attendre, les classements supérieurs de l’indice de préparation à l’IA de cette année sont occupés par les pays dotés d’une économie forte, d’une bonne gouvernance et de secteurs privés innovants. Singapour occupe la première place pour la préparation à l’IA et les autres positions du top 20 sont occupées par les gouvernements d’Europe occidentale, ainsi que par le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et quatre autres économies asiatiques. Aucun pays d’Amérique latine ou d’Afrique ne figure dans le top 20 », précise Oxford Insights.

L’Amérique du Nord est en moyenne la région la plus performante, tandis que l’Afrique et la région Asie-Pacifique sont les moins bien loties. Faisant figure d’exception, la Tunisie occupe toutefois la 54e position mondiale et se place dans le Top 5 des pays d’Afrique.

Disparités notables

L’indice met en évidence l’inégalité actuelle en matière de préparation à l’IA entre les gouvernements du monde, les pays à revenu élevé se classant mieux que les pays à revenu moyen et faible. L’organisme de conseil en stratégie digitale explique qu’étant donné que « nous sommes sur le point de voir la mise en œuvre généralisée de l’IA dans un certain nombre de secteurs », y compris les services publics, il est à rappeler qu’il existe une inégalité persistante dans l’accès à l’IA. « Compte tenu des disparités soulignées dans le présent rapport, les décideurs devraient veiller à ce que les inégalités mondiales ne soient pas davantage enracinées ou aggravées », indique encore l’étude, qui souligne que les technologies émergentes offrent une occasion unique d’améliorer le fonctionnement des gouvernements de demain et la vie des citoyens. « Alors que nous entrons dans l’ère de l’automatisation, les gouvernements doivent s’assurer qu’ils sont prêts à capitaliser sur le potentiel de l’intelligence artificielle. »

Toute action gouvernementale devrait toutefois être entreprise avec une grande prudence, alertent encore les auteurs du rapport. Si elle est mise en œuvre sans faire preuve d’éthique et de sécurité, l’IA dans les services publics pourrait être au mieux inefficace et, au pire, très dangereuse, selon Oxford Insights. « Le but de l’évaluation de la préparation des gouvernements à l’IA n’est pas de créer ou d’alimenter une course mondiale à l’IA. Il s’agit plutôt d’aider les décideurs partout dans le monde à voir où ils se situent et dans quels domaines ils pourraient concentrer leur attention à l’avenir. L’âge de l’intelligence artificielle approche, et notre contribution envisagée, par le biais de l’Indice, est d’encourager tous les gouvernements – du Nord comme du Sud – à être aussi préparés que possible pour aider leurs citoyens à tirer parti des avantages de l’automatisation, tout en les protégeant des risques associés » à la mise en place de ces nouvelles technologies.

N.B.

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