liberté de la presse
FETHI BELAID / AFP

La Tunisie, premier pays arabe en matière de liberté de la presse, selon RSF

Selon le classement mondial 2019 établi par l’ONG Reporters sans Frontières (RSF), la Tunisie est le pays le mieux classé de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient en matière de liberté de la presse.

Ce classement a été publié le 19 avril 2019 sur le site de RSF. « Les journalistes subissent des pressions énormes sur l’ensemble des pays du Maghreb », a déclaré à l’AFP Souhaieb Khayati, directeur du bureau Afrique du Nord de l’ONG, lors de la présentation à Tunis du rapport annuel de l’organisation. « En Algérie, au Maroc ou en Libye, les journalistes sont victimes de l’acharnement du pouvoir », assure-t-il. « L’exception reste la Tunisie qui continue son processus de transition démocratique et qui a fait une avancée remarquable de 25 places, mais reste confrontée à d’innombrables défis surtout par rapport au cadre législatif », a-t-il poursuivi.

Tunis doit cependant mettre en place une instance de régulation de l’audiovisuel (ICA) attendue de longue date, souligne RSF. « Le gouvernement tunisien a pris du retard dans l’élaboration de la nouvelle réglementation, notamment la loi sur l’Instance de régulation. Le projet de loi avait été annoncé au Parlement pour être examiné entre mars et juillet 2016″, notait l’agence Ecofin en janvier 2017. Cette nouvelle entité « viendra remplacer la Haica qui a été créée par un décret-loi du 2 novembre 2011, au même titre que les organes devant accompagner la transition politique en Tunisie au lendemain de la chute du régime du président Ben Ali », rappelle ainsi France Info.

Pas encore de garantie d’une totale liberté de l’information

« L’affermissement de la jeune démocratie tunisienne ne garantit pas encore une totale liberté de l’information », note RSF. La censure n’a pas complètement disparu. Jeune Afrique signalait ainsi le 22 mars l’interdiction de la diffusion de deux émissions concernant le décès de 15 bébés à la maternité de Rabta à Tunis sur les chaînes El Hiwar Ettounsi et Carthage+. Cette affaire relève d’une décision politique et soulève des doutes sur les véritables causes de la catastrophe du décès de nourrissons, a commenté le Syndicat national des journalistes tunisiens.

Mauvais points pour l’Algérie et la Libye

Seul pays a avoir pu surmonter les troubles des Printemps arabes de 2011, la Tunisie se classe à la 72e place sur 180 pays, alors qu’elle était 97e en 2018. Elle se place devant tous les autres pays de la région Afrique du Nord et Moyen-Orient, notamment le Liban (101e) et Israël (88e).

En ce qui concerne l’Algérie, elle se positionne à la 141e place. « Il y a eu une ouverture au début du mouvement de contestation déclenché en février 2019 contre un nouveau mandat du président Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné depuis », commente France Info. Néanmoins, « ces derniers temps, il y a un retour aux intimidations », explique RSF. « On a le sentiment que le régime a sifflé la fin de la récréation et que les journalistes doivent rentrer dans le rang », même si ces derniers « continuent à assurer une couverture professionnelle ».

La région MENA est celle où il est « le plus difficile et le plus dangereux pour les journalistes d’exercer leur profession », a encore rappelé RSF. La Syrie et le Yémen restent parmi les plus hostiles à la presse, avec la Libye (162e). Ce pays, est selon le responsable de l’ONG, « un trou noir de l’information » en raison de la difficulté d’y exercer le métier de journaliste.

N.B., avec France Info

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