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AFP/ARCHIVES - FETHI BELAID

Tunisie : une bactérie à l’origine de la mort de 14 bébés dans une maternité

Une enquête révèle qu’une contamination bactérienne des poches de nutrition est à l’origine des quatorze décès de bébés prématurés en mars dernier dans une maternité de Tunis. Des bactéries Enterobacter cloacae dans les poches de nutrition sont mises en cause.

Dans la maternité publique de Rabta, entre le 6 et le 15 mars 2019, ce sont quatorze nourrissons prématurés qui sont décédés, un drame qui avait choqué le pays, provoqué une vive polémique sur les réseaux sociaux et entraîné la démission du ministre de la Santé Abderraouf Chérif et la destitution de plusieurs hauts responsables au sein du ministère. Le 25 avril, la publication d’un rapport révèle qu’une infection bactérienne au sein de la maternité est à l’origine de ces décès.

Des bactéries Enterobacter cloacae dans les poches de nutrition

L’infection bactérienne mise en cause dans la mort des quatorze bébés prématurés s’est produite pendant la période de préparation des poches de nutrition entre le 4 et le 8 mars, selon le président de la commission d’enquête, Mohamed Douagi. « L’enquête a démontré plusieurs défaillances concernant la salle de préparation des poches. » Ainsi, « les poches utilisées ou celles qu’on s’apprêtait à utiliser, contiennent la bactérie Enterobacter cloacae […] qui se transmet par la main », a expliqué le président de la commission.

« La bactérie Enterobacter cloacae est naturellement présente dans le tube digestif humain et animal mais devient pathogène lorsqu’elle contamine une muqueuse, une plaie ou qu’elle entre dans le tube digestif par voie orale. Elle est fréquemment impliquée dans des cas d’infection nosocomiale, comme ici à la maternité de Rabta », commente la rédaction de l’émission française Allo Docteurs sur le site de France Info.

Effectif humain, formation et contrôle de qualité insuffisants

Plusieurs autres défaillances ont également été mises en cause, dont « l’absence d’effectif humain » suffisant, une « absence du contrôle de la qualité efficace et de la formation et de l’encadrement du personnel » au sein de cet établissement ainsi que le « non respect des bases de la stérilisation ».

Après l’indépendance en 1956, le développement de la santé publique a constitué une priorité pour la Tunisie qui dispose à ce jour de 166 hôpitaux et 2100 centres de santé, selon des chiffres officiels. « Mais cet ancien fleuron du pays a été mis à mal par des problèmes de gestion et de financement, alors que la santé privée a prospéré », relève encore France Info.

N.B., avec France Info

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