immolé par le feu
AFP

Tunisie : violences après la mort d’un journaliste qui s’est immolé par le feu

Des policiers ont tiré des gaz lacrymogènes contre des habitants de la ville de Kasserine lors d’une manifestation le 25 décembre 2018, organisée en hommage au journaliste Abdel Razzaq Zorgui qui s’est immolé par le feu en affirmant vouloir « commencer une révolution ».

De heurts ont opposé mardi 25 décembre la police à des manifestants à Kasserine, peu après l’enterrement d’un journaliste qui s’était immolé par le feu la veille. Les forces de l’ordre ont notamment fait usage de gaz lacrymogène pour disperser des dizaines d’entre eux et des affrontements ont opposé les deux parties, y compris devant le siège du gouvernorat de Kasserine où avait été déployé un important dispositif sécuritaire.

« Je vais commencer une révolution »

Le journaliste Abdel Razzaq Zorgui, trentenaire, est décédé lundi soir après s’être immolé par le feu en affirmant vouloir dénoncer le fléau du chômage et de la dégradation continue de la situation économique dans la région de Kasserine, l’une des plus pauvres du pays. Dans une vidéo qu’il a publiée avant sa mort, le journaliste déclarait : « Pour les enfants de Kasserine qui n’ont pas de moyens de subsistance, aujourd’hui, je vais commencer une révolution, je vais m’immoler par le feu. »

Ce drame a suscité la colère des habitants de cette ville déshéritée. Dans la nuit de lundi à mardi, des dizaines d’entre eux ont ainsi brûlé des pneus et bloqué la rue principale du centre-ville, la police leur opposant des tirs de gaz lacrymogène, ont constaté des témoins et des correspondants de médias dont l’AFP.

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« Conditions sociales difficiles, horizon fermé et manque d’espoir »

Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Sofiane al-Zaq, a déclaré que six membres des forces de sécurité avaient été victimes de blessures légères et neuf personnes arrêtées lundi soir.

De son côté, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a affirmé lundi dans un communiqué que l’acte du journaliste visait à protester contre « des conditions sociales difficiles, un horizon fermé et le manque d’espoir » qui touchent sans discontinuité cette région marginalisée.

Les progrès de la transition démocratique et le récent retour à la croissance économique après des années de stagnation n’empêchent pas les autorités tunisiennes de continuer à peiner à répondre aux aspirations sociales des Tunisiens qui souffrent de l’inflation et du chômage endémiques.

N.B., avec AFP

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