Turquie

Turquie : Erdogan menace de lancer une offensive dans le nord de la Syrie

La Turquie compte lancer une opération militaire contre les forces kurdes dans le nord de la Syrie, à l’est de l’Euphrate. C’est en tout cas la menace lancée ce dimanche 4 août par le président turc Recep Tayyip Erdogan. Celui-ci aurait averti la Russie, qui soutient le président syrien Bachar el-Assad, et les Etats-Unis, qui se sont appuyés sur les Kurdes pour combattre le groupe jihadiste Etat islamique, de « l’imminence de cette offensive », explique RFI.

La correspondante de RFI à Istanbul, Anne Andlauer, indique que depuis la première offensive de l’armée turque dans le nord de la Syrie en août 2016, « Recep Tayyip Erdogan a fait de l’élimination des forces kurdes qui s’y trouvent le fondement quasi exclusif de sa politique syrienne ». Rappelant qu’Ankara avait déjà lancé deux offensives depuis 2016 contre les positions des Unités de protection du peuple (YPG), M. Erdogan a déclaré : « Si Dieu le veut, le processus que nous avons commencé (…) va entrer dans une nouvelle phase très bientôt. »

Ankara refuse de voir les militants kurdes établir le long de sa frontière une « sorte de mini-Etat », car cela « achèverait d’asseoir leur légitimité internationale et pourrait servir de base arrière pour attaquer le territoire turc ».

Deux obstacles retardent jusqu’ici le projet de Recep Tayyip Erdogan. « D’abord, il lui faut obtenir le feu vert de Moscou, principal soutien du régime syrien. Ensuite, les forces kurdes sont appuyées sur le terrain par des militaires occidentaux, principalement américains, dont la sécurité serait menacée en cas d’offensive turque », poursuit RFI.

Pour éviter d’en arriver là, Washington et Ankara négocient depuis des mois l’établissement d’une zone « de sécurité » qui écarterait les combattants kurdes de la frontière turque.

« Les menaces de Recep Tayyip Erdogan sont une façon de faire pression sur les Etats-Unis, alors qu’une délégation américaine était à Ankara hier lundi pour tenter de faire avancer les négociations », analyse RFI.

Ces dernières semaines, les médias turcs ont fait état de l’envoi de véhicules militaires et d’unités de commandos vers des localités turques à proximité de la frontière syrienne. Un haut responsable kurde, Aldar Khalil, a estimé que la Turquie passerait à l’offensive dans le nord de la Syrie « à la première occasion ». « Erdogan est sérieux », a-t-il dit dans un entretien à l’AFP lundi.

Selon lui, les groupes kurdes, qui refusent toute présence turque dans cette région, avaient accepté une zone tampon de 5 km de large mais Ankara a refusé cette proposition.

N.B., avec AFP et RFI

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer