adhésion
Drapeau Union européenne — SAUTIER PHILIPPE/SIPA.

Turquie : le Parlement européen veut suspendre les négociations d’adhésion à l’UE

Dans un texte non contraignant, adopté mercredi en session plénière, les eurodéputés affirment être « très préoccupés par le mauvais bilan de la Turquie en matière de respect des droits humains ».

Le Parlement européen a demandé, mercredi 13 mars, la suspension des négociations d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Dans un texte adopté à 370 voix (109 contre et 143 abstentions), les députés européens se disent « très préoccupés par le mauvais bilan de la Turquie en matière de respect des droits humains, d’Etat de droit, de liberté des médias et de lutte contre la corruption, ainsi que par le système présidentiel tout-puissant ».

Il ne s’agit pas pour le moment d’un arrêt pur et simple, mais d’un avertissement, explique France Info. « Ankara a fait la sourde oreille à nos appels répétés au respect des droits fondamentaux », souligne la rapporteure du texte, l’eurodéputée néerlandaise Kati Piri (S&D, gauche). « Je suis consciente que mettre un terme aux négociations d’adhésion n’aidera pas les démocrates en Turquie. Pour cela, les dirigeants européens doivent utiliser tous les outils à leur disposition pour faire pression sur le gouvernement turc », a-t-elle ajouté.

Des députés du Parti populaire européen (droite) avaient déposé un amendement pour réclamer la fin des négociations. Mais celui-ci a été rejeté.

Ce texte « ne signifie rien » pour Ankara

Le ministère turc des Affaires étrangères n’a pas tardé à réagir, en critiquant un texte qui « montre clairement le manque de vision du Parlement européen » et estimant que cette résolution non contraignante « ne signifie rien » pour la Turquie. Sur Twitter, Omer Celik, le porte-parole du Parti de la justice et du développement, formation du président turc Recep Tayyip Erdogan, accuse le Parlement européen de « regarder le monde par l’étroite fenêtre de l’extrême droite ».

« Nous trouvons inquiétant du point de vue de l’avenir de l’Europe et de nos valeurs communes, le fait que des courants extrémistes de droite comme de gauche, de plus en plus présents au Parlement européen, soient parvenus à transformer ce texte en un texte populiste discriminant et excluant. Au lieu d’aider à lever les obstacles devant le processus politique d’adhésion, ces initiatives, prises en collaboration avec ceux qui sont opposés aux valeurs communes et l’inclusivité de l’Europe, ne sont pas en accord avec les valeurs représentées par l’UE », a aussi souligné Ankara.

Les négociations sur une éventuelle adhésion de la Turquie à l’Union européenne se sont mises en place en 2005. Mais elles sont aujourd’hui au point mort, les relations entre Bruxelles et Ankara s’étant fortement dégradées depuis la tentative manquée de putsch de juillet 2016 et la répression contre les opposants et journalistes qui s’en était suivie. La décision finale revient désormais au Conseil européen, qui regroupe les gouvernements des Etats membres.

N.B., avec AFP et Anadolu Agency

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer