Un an après l’autorisation d’importer des produits tunisiens en hors-taxes, l’Italie renforce...

Un an après l’autorisation d’importer des produits tunisiens en hors-taxes, l’Italie renforce sa chaîne de contrôle

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Il y a un an, l’UE, dans le but de soutenir l’économie tunisienne, a signé un accord avec la Tunisie lui permettant d’importer en hors-taxe des produits tunisiens. Toutefois, cet accord a soulevé des inquiétudes en rapport avec la qualité de la marchandise et les risques de contrefaçon. Afin de dissiper ces inquiétudes, l’Italie, qui importe essentiellement de l’huile d’olive, a décidé de renforcer sa chaîne de contrôle et de rassurer au mieux le consommateur.
De ce fait, Assitol a fait pression en faveur de la transparence pour lutter contre la peur injustifiée de la qualité des importations tunisiennes en hors-taxe en proposant l’extension de la surveillance informatisée et en soutenant la nouvelle organisation interprofessionnelle qui a pour mission d’assurer davantage la garantie des produits.
Rappelons que suite aux attaques terroristes qui ont frappé la Tunisie, le Tourisme, l’un des secteurs clés sources de devise, a nettement régressé. L’Union européenne, a pris l’initiative d’encourager les importations venant du pays nord-africain et a jusqu’à présent importé 7 000 tonnes d’huile d’olive, selon le dernier rapport de surveillance de la Commission européenne. Par ailleurs, l’accord permet l’importation de 35.000 tonnes de marchandises en hors-taxe jusqu’à la fin de 2017.
Comme le démontrent les chiffres, l’action n’a pas abouti à une inondation du marché européen avec de l’huile d’olive étrangère, et les craintes de nombreux opérateurs se sont avérées infondées.
« L’Italie doit importer de l’huile d’olive d’autres pays de l’UE afin de répondre aux demandes du marché », a déclaré le président du groupe d’huile d’olive italienne Assitol, Angelo Cremonini à Olive Oil Times.
« Seulement 10% des importations proviennent de pays non européens, y compris la Tunisie. Il est toutefois important de rappeler que notre pays peut compter sur le Système national d’information agricole (SIAN), qui garantit également la traçabilité de la provenance du vin « , a ajouté M. Cremonini.
Concrètement, le SIAN surveille toutes les étapes de la vie d’un produit, qui sont notées dans les registres des entreprises et vérifiables électroniquement par les organismes de réglementation de l’industrie. Grâce à ce réseau électronique, les autorités judiciaires ont pu découvrir et bloquer plusieurs tentatives de contrefaçon.

« Au cours des deux dernières années, le SIAN nous a permis de nous attaquer aux « fraudes de l’huile d’olive », à savoir les faux papiers de la marchandise, a déclaré Cremonini. « En outre, le système informatisé fournit l’orgine précise de la production d’huile d’olive, qui est un outil fondamental dans la prévention des escroqueries potentielles. »

Sur cette base, l’association italienne de l’industrie de l’huile d’olive, fière de ses exploits et de son efficacité, a proposé à l’UE d’étendre l’obligation de mise en œuvre du système SIAN sur tout le territoire européen. Assitol a lancé la discussion au sein du Conseil oléicole international. L’Espagne a témoigné de son ouverture à la proposition; Néanmoins, le débat sur une question aussi complexe est toujours à ses débuts.
Le président de l’association a souligné qu’en Italie, neuf organismes de contrôle supervisent la production d’huile d’olive durant ses étapes différentes: l’Inspection centrale pour la protection de la qualité et la prévention de la fraude des produits alimentaires (ICQRF); L’ancien Corps Forestier de l’Etat, aujourd’hui fusionné dans les Carabinieri; L’Unité de lutte contre l’adultération et la santé (NAS) et l’Unité antifraude (NAC) des Carabinieri; La police financière; L’Agence des douanes; Les autorités sanitaires locales (ASL); Les agences régionales pour la protection de l’environnement (ARPA) et les laboratoires de santé publique (LSP).
En outre, la plupart des sociétés d’huile d’olive suivent des protocoles internes pour offrir des produits authentiques et sûrs. Des contrôles stricts sont effectués à toutes les étapes et chapeautés par les organismes cités ci-dessus. « Des dizaines de milliers d’échantillons d’huile d’olive sont analysés », a noté Cremonini. «Les contrôles ne se limitent pas aux analyses chimiques, physiques et sensorielles requises par la loi, mais incluent également des analyses supplémentaires pour évaluer l’indice de qualité et de pureté de chaque échantillon ».

«On peut encore s’améliorer», a mentionné Cremonini. « Cependant, le niveau de surveillance de la chaîne d’approvisionnement en huile d’olive est très élevé. En outre, nous soutenons fermement la nouvelle organisation interprofessionnelle «Italian Olive Oil Chain» (FOOI) qui a pour objectif de relier l’industrie, les organisations de producteurs et les groupes de marché et de transformation, notamment Assitol, Aipo, Cno, Unapol, Unasco , Unaprol, Federolio, Aifo et Assofrantoi ».

Le président d’Assitol a enfin conclu en rappelant le but principal de son organisme : « Notre objectif est de collaborer de plus en plus étroitement avec les divers organes de contrôle, afin de surmonter toutes les critiques qu’on pourrait nous adresser concernant la lutte contre les fraudes ».
N.B

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