Photo : page Facebook du restaurant Char'd City

Un chef tunisien révolutionne la scène culinaire de Baltimore

Dans le quartier de Hamilton à Baltimore, « la scène culinaire prend feu avec le restaurant Char’d City », rapporte le journal local Baltimore Sun. Et si Hamilton-Lauraville est en train de devenir l’une des plus grandes destinations gastronomiques de Baltimore, c’est grâce à un chef tunisien, Yassine Rmadhnia.

Le quartier de Baltimore (Maryland, nord-est des Etats-Unis) abrite un nombre croissant de cafés et de restaurants uniques. Dans cette profusion d’offres culinaires de toutes sortes, les amateurs de cuisine du quartier mentionnent souvent Char’d City, une nouvelle pizzeria qui a ouvert ses portes en mars 2019 dans l’ancien espace Clémentine du chef tunisien Yassine Rmadhnia et de son épouse, Sindee Gibson.

La rencontre « mignonne » des propriétaires vaut la peine d’être racontée, estime le journal quotidien de Baltimore. Yassine Rmadhnia, originaire de Tunis où sa famille détient une épicerie fine, était un breakdancer. Il figurait parmi les membres d’un collectif de danseurs, aux côtés de Hamza Ben Youssef, qui s’est notamment produit sur la scène du Théâtre municipal de Tunis à la clôture d’un festival en 2012. En tant qu’artiste, il parcourait aussi le monde. Lors d’un arrêt à Creative Alliance, espace culturel où Sindee Gibson travaillait, ils se sont rencontrés. Ils sont aujourd’hui mariés et cette année ont ouvert le restaurant Char’d City, fruit d’une collaboration heureuse mêlant différentes cultures culinaires offrant toutefois des spécialités méditerranéennes en particulier.

Des pizzas au feu de bois

« Il s’avère qu’en plus de danser, Rmadhnia sait cuisiner. Le chef, devenu passionné par les fours à bois alors qu’il vivait aux Etats-Unis, propose un mélange de pizzas napolitaines au feu de bois et quelques friandises tunisiennes. Bien que Rmadhnia soit fier de la cuisine de son pays d’origine, influencée par des siècles de présence française, ottomane et byzantine, il ne voulait pas que la nourriture tunisienne domine le menu », explique The Baltimore Sun. Au lieu de cela, Char’d City est une célébration de la cuisine méditerranéenne en général et du « pouvoir alchimique » du four à bois.

Premières impressions du magazine local : L’extérieur est faiblement éclairé de Char’d City sur Harford Road, rendant la présence du restaurant quasi-imperceptible. L’intérieur, que M. Rmadhnia a en grande partie construit de ses propres mains, est conçu pour « paraître brûlé, comme si un feu venait d’être éteint, avec de la peinture noircie et du bois calciné sur les murs ». A l’arrière, le danseur et cuisinier surveille de près l’imposant four à bois.

La carbonisation, cette technique « parfaite »

La technique de la carbonisation fait partie des incontournables du lieu, elle est une « merveille » dans ce restaurant, qu’il s’agisse de pizzas ou de bulles de pain qui libèrent de la vapeur lorsqu’elles sont percées. C’est « la toile de fond parfaite » pour que soient délicieusement élaborés les assortiments de mets à la tunisienne, y compris les salades grillées au thon. « Lorsqu’il s’agit de pizzas, Rmadhnia prépare de fantastiques Napoletana avec des anchois et des pizzas au thon tunisiennes inspirées de son pays d’origine. » A 900 degrés Celsius, on obtient « cette croûte de taches de léopard parfaite ». Des versions sans gluten sont disponibles pour trois dollars de plus, précise le média local.

Publiée par Char'd City sur Mercredi 13 novembre 2019

Même les desserts sont concoctés grâce au traitement de la carbonisation : pommes moelleuses noircies sur les bords, crumbles d’amandes et d’eau de rose au goût oriental, etc. « Nous avons également apprécié les cornes remplies de Nutella et parsemées de pistaches, pour lesquelles nous avons adressé nos compliments au chef », affirme le Baltimore Sun.

Autre particularité : un piano se trouve près de l’entrée et les propriétaires prévoient d’organiser prochainement des concerts et d’autres événements.

Le média local relève toutefois que le restaurant est de type BYOB (Bring Your Own Booze, sigle anglais qui signifie « Apportez votre propre boisson alcoolisée »), exigeant des frais de bouchon de 5 dollars par bouteille de vin ou 6 packs de bière. « Le service de boissons est presque inexistant, bien qu’il soit prévu que des cocktails soient gratuitement servis avec le brunch du week-end. […] Nous aimerions voir du café turc à la cardamome au menu pour accompagner le dessert ! », demande le reporter du magazine.

Ce restaurant en partie d’inspiration tunisienne réussit toutefois là où ça compte : il a le mérite de proposer des assiettes de « mets délicieux auxquels vous penserez encore pendant des jours, voire des semaines plus tard. Je te regarde, stromboli au crabe ! », s’amuse le Baltimore Sun.

N.B.

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