Photo : Anadolu Agency

Un haut responsable des milices irakiennes met en garde contre une réponse sévère aux frappes aériennes américaines

Un haut dirigeant de la milice chiite irakienne Kataib a lancé une mise en garde contre les forces américaines en Irak après des frappes aériennes en Irak et en Syrie qui ont ciblé plusieurs bases de son groupe soutenu par l’Iran et tué au moins 25 personnes.

La réaction des États-Unis à la mort d’un de leurs soldats, il y a deux jours dans une attaque à la roquette, pourrait compromettre les relations irako-américaines. Lundi soir, le gouvernement irakien s’est dit forcé de « revoir ses relations » avec les Etats-Unis, après que des bases d’une faction armée pro-Iran en Irak ont été bombardées, tuant 19 combattants. Les Etats-Unis, de leur côté, ont accusé lundi les autorités irakiennes de ne pas avoir fait le nécessaire pour « protéger » les intérêts américains. L’armée américaine a ciblé la milice Kataib Hezbollah, soutenue par l’Iran, en réponse au meurtre, ont déclaré des responsables cités par l’agence Reuters.

Des sources irakiennes chargées de la sécurité et des milices ont elles déclaré que ce sont au moins 25 miliciens avaient été tués et 55 blessées à la suite de trois frappes aériennes américaines en Irak. « Le sang des martyrs ne sera pas vain et notre réponse sera très dure envers les forces américaines en Irak », a déclaré dimanche soir le commandant en chef Jamal Jaafar Ibrahimi, connu par son nom de guerre Abu Mahdi al-Mohandes. L’Iran a déclaré qu’il condamnait fermement les raids comme le « terrorisme ».

Mohandes est un commandant en chef des Forces de mobilisation populaire (PMF) irakiennes, un regroupement de groupes paramilitaires composé principalement de milices chiites soutenues par l’Iran qui a été officiellement intégré aux forces armées irakiennes. Il dirigeait auparavant le Kataib Hezbollah, qu’il a fondé.

Des sources de sécurité irakiennes ont déclaré lundi que les forces américaines dans la province nord-irakienne de Ninive renforçaient la sécurité pendant la nuit, avec des jets de la coalition dirigée par les États-Unis entourant le périmètre de ses bases militaires à Mossoul et Qayarah. Les tensions se sont aggravées entre Téhéran et Washington depuis l’année dernière, lorsque le président américain Donald Trump a retiré Washington de l’accord nucléaire de Téhéran et réimposé des sanctions qui ont paralysé l’économie iranienne.

« Nous nions fermement tout rôle dans l’attaque contre les forces américaines. Cette affirmation sans aucune preuve ne peut justifier le bombardement et le meurtre de personnes en violation du droit international », a pour sa part déclaré le porte-parole du gouvernement iranien Ali Rabiei, cité par l’agence de presse semi-officielle Fars. Le ministère iranien des Affaires étrangères a appelé les Etats-Unis à respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Irak.

« Attaque flagrante contre la souveraineté irakienne »

Les frappes aériennes surviennent à un moment troublé de manifestations en Irak, des milliers de personnes étant descendues dans la rue pour condamner, entre autres, des milices comme Kataib Hezbollah et leurs partisans iraniens. Ils exigent également une refonte d’un système politique qu’ils considèrent comme corrompu, maintenant la plupart des Irakiens dans la pauvreté.

De son côté, le puissant groupe chiite du Hezbollah, également soutenu par l’Iran, a également condamné les frappes aériennes, les qualifiant d’attaque flagrante contre la souveraineté, la sécurité et la stabilité irakiennes.

Avec Reuters et AFP

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