Un siècle de Relations Multilatérales ( 1920 – 2020 ) , la SDN et l’ONU

À l’occasion du 75 ème anniversaire  de la création de  l’ONU, j’ai jugé intéressant de revenir quelque peu sur l’historique de cette Organisation Internationale.
En fait, après la première guerre mondiale de 1914 – 1918 et ses ravages , tant sur le plan humain que matériel, les dirigeants politiques de l’époque sentirent l’impérieux besoin de créer une Organisation Internationale dont l’objectif essentiel serait d’éviter, à l’avenir, une semblable  conflagration  internationale .
Le champion de cette cause fut le Président américain Thomas  Woodrow Wilson qui, en Janvier 1918, présenta un programme composé de quatorze points dont le tout dernier stipule que :  » Une Association globale de Nations doit être formée pour des engagements spécifiques garantissant une indépendance politique et une intégrité territoriale mutuelle identique à tous les pays, grands et petits  » .
C’est ainsi que la création de la Société des Nations ( qui sera l’ancêtre de l’ONU ) fut introduite au sein du Traité de Paix de  Versailles signé le 28 Juin 1919.
Initialement, la Charte de la Société des Nations fut signée par 44 états .
Singulièrement , bien que le principal promoteur  de la SDN ait été leur Président , les États Unis d’Amérique n’en ont jamais  fait partie car le Sénat américain , en s’opposant à la ratification du Traité de Versailles, avait également voté contre l’adhésion à la SDN !
La première réunion de la SDN se tint à Londres le 10 Janvier 1920 . La SDN se déplaça le 1er Novembre 1920 à Genève où sa première Assemblée Générale s’est tenue le 15 Novembre 1920.
Le siège de la SDN a d’abord  été le Palais Wilson ( ainsi nommé  en  l’honneur du Président américain) puis a déménagé au  Palais des Nations ( Genève ) en 1936 .
Parmi les succès de la SDN, nous pouvons compter :
– Les îles Āland :
Il s’agit d’à peu près 6500 îles situées entre la Suède et la Finlande dont les habitants parlent la langue suédoise . La Finlande et la Suède s’en disputant la souveraineté, la SDN, pour éviter une guerre potentielle entre les deux pays, jugea, le 25 Juin 1921, que les îles devaient être finlandaises tout en disposant d’un gouvernement autonome.
– L’Albanie :
Les forces yougoslaves ayant occupé une partie de l’Albanie, une Commission envoyée par la SDN statua en faveur de l’Albanie et les forces yougoslaves se retirèrent en 1921.
– Autriche et Hongrie :
À la suite du démantèlement de leur territoire et des importantes réparations de guerre qu’elles durent payer comme conséquence de la Première Guerre mondiale, la SDN mit en place des prêts à la disposition des deux nations pour les aider à réaliser leur rétablissement économique.
  – Haute – Silésie :
Il fallait déterminer si ce territoire devait être rattaché à l’Allemagne ou à la Pologne. Bien qu’à la suite d’un référendum, 59,6% des voix avaient été favorables à l’Allemagne, les soulèvements ne cessèrent point et la SDN fut invitée à régler la question. En 1922, la SDN décida que le territoire devait être découpé en deux. La décision fut acceptée par l’Allemagne et la Pologne ainsi que par la majorité des habitants.
– Territoire de Memel :
Placé sous contrôle de la SDN à la fin de la Première Guerre mondiale et bien que sa population fût en majorité allemande, la Lituanie revendiqua le territoire et ses troupes l’envahirent en 1923. La SDN choisit de céder le territoire entourant Memel  ( aujourd’hui nommé Klaipeda ) à la Lituanie mais déclara que le port devrait rester zone internationale, ce qu’accepta la Lituanie.
– Différend gréco – bulgare :
Après un incident frontalier en 1925, les troupes grecques envahirent la Bulgarie. La SDN , appelée à intervenir, condamna l’invasion de la Grèce, réclama le retrait de ses troupes ainsi qu’une compensation en faveur de la Bulgarie à laquelle les responsables grecs se sont conformés.
– La Sarre :
Après le Traité de Paix de Versailles, La Sarre avait été placée sous le contrôle de la SDN et un référendum devait y être organisé après une période de quinze ans pour déterminer si la région devait appartenir à l’Allemagne ou à la France. Au cours du référendum organisé en1935, 90,3% des votes furent favorables au retour de la Sarre à l’Allemagne.
– Mossoul :
La SDN fut appelée à résoudre un conflit entre l’Irak et la Turquie à propos du contrôle de l’ancienne province ottomane de Mossoul. Un comité envoyé par la SDN dans la région en 1924 recommanda, en 1925 , que la région soit rattachée à l’Irak,  sous la condition que le Royaume – Uni de Grande Bretagne conserve son mandat sur l’Irak pour une période de 25 années afin d’assurer les droits autonomes de la population kurde. Le Conseil de la SDN adopta la proposition et décida, le 16 Décembre 1925, d’attribuer Mossoul à l’Irak.
– Le sandjak d’Alexandrette :
Après de nombreux troubles et contestations entre la minorité turque et la Syrie, une résolution de la SDN pousse la France, pays mandataire, à accorder, en Novembre 1937, son autonomie au sandjak. Rebaptisé Hatay, le sandjak proclama son indépendance et fonda la République de Hatay en Septembre 1938. Elle fut plus tard annexée par la Turquie
en  1939  .
– Libéria :
À la suite d’allégations de travail forcé au Libéria, en particulier dans les plantations gigantesques de caoutchouc de Firestone, la SDN rédigea , en 1930, un rapport qui impliqua de nombreux hauts fonctionnaires du gouvernement . La SDN menaça d’établir une tutelle sur le Libéria à moins que des réformes soient réalisées. Le Président libérien Edwin Barclay promit d’en faire son objectif principal .
– Guerre Colombo – péruvienne de 1932 – 1933 :
La guerre colombo – péruvienne est un contentieux territorial concernant le  » trapèze  » de Léticia, zone d’une superficie de
10.000 kilomètres carrés située en Colombie. Après de violents affrontements , c’est la médiation de la SDN qui mit fin au conflit et conduit les deux parties à signer un traité de paix .La SDN combattit également le trafic international d’opium et l’esclavage sexuel et aida à soulager la situation difficile des réfugiés, spécialement en Turquie en 1926. Dans ce dernier domaine, elle innova en créant, en 1922, le  » passeport Nansen  » qui fut la première carte d’identité internationalement reconnue pour les réfugiés apatrides.

Cependant, la SDN a aussi connu les échecs suivants :
– Cieszyn :
Région située entre la Pologne et l’actuelle République tchèque, elle est importante pour ses mines de charbon. Les troupes tchécoslovaques firent mouvement vers Cieszyn en 1919 pour prendre le contrôle de la région. La SDN intervint , décidant que la Pologne devait conserver le contrôle de la plupart des villes mais que la Tchécoslovaquie pouvait garder une des banlieues qui disposait des mines les plus importantes ainsi que de la seule ligne ferrée reliant les territoires tchèques et la Slovaquie. La ville fut divisée en une partie polonaise et une partie tchèque. La Pologne refusa cette décision et la controverse diplomatique ne cessera
pas.
– Vilnius :
Après la Première Guerre mondiale ,la ville de Vilnius devint la capitale de la Lituanie, en dépit d’une population principalement d’origine polonaise. Durant la guerre russo – polonaise de 1920, une armée polonaise prit le commandement de la ville. À la suite d’élections largement boycottées, le 20 Février 1922 ,le parlement local, dominé par les polonais, signa l’Acte d’Unification avec la Pologne. La ville fut rattachée à la Pologne comme capitale de la
 » voïvodie de Vilno  » . Finalement, la SDN accepta le rattachement de Vilnius à la Pologne le 15 Mars 1923. Les polonais gardèrent ainsi la ville jusqu’à l’invasion soviétique en 1939.
– Invasion de la Ruhr :
Selon le Traité de Versailles, l’Allemagne devait payer des réparations de guerre, soit en argent, soit en marchandises. Cependant, en 1922, l’Allemagne fut incapable d’effectuer ce paiement. L’année suivante, la France et la Belgique décidèrent de réagir et envahirent la Ruhr, malgré le fait que cela représentait une violation directe des règles de la SDN. La France étant un membre majeur de la SDN, rien ne fut fait. Cela constitua un précédent significatif puisque, ce faisant, la SDN violait ses propres règles .
– Corfou :
C’est un problème frontalier entre la Grèce et l’Albanie. La SDN désigna le général italien Enrico Tellini pour superviser le problème. Le 27 Août 1923, lors d’une inspection du côté grec de la frontière, Tellini et son personnel ont été assassinés. Benito Mussolini en fut exaspéré et exigea des réparations pécuniaires de la Grèce ainsi que l’exécution des meurtriers. Le 31 Août, les forces italiennes occupèrent l’île grecque de Corfou et quinze personnes furent tuées. Initialement, la SDN condamna l’invasion mais recommanda également le paiement par la Grèce d’une compensation pécuniaire qui serait détenue par la SDN jusqu’à l’arrestation des assassins de Tellini. Mussolini, bien qu’il acceptát d’abord cette décision, décida de la faire changer. En travaillant avec le Conseil des Ambassadeurs  ( organe de la SDN ) , il parvint à ses fins. La Grèce fut forcée à des excuses et à payer la compensation directement et immédiatement à l’Italie. Mussolini put ainsi quitter Corfou triomphalement. En pliant sous la pression d’un grand pays, la SDN donna une nouvelle fois un exemple dangereux et préjudiciable. Ce fut l’un de ses échecs majeurs.
  – L’invasion de la Mandchourie :
En 1931, l’armée japonaise, contrairement aux ordres du gouvernement civil du Japon, occupa la région entière de la Mandchourie chinoise. En 1932, l’armée de l’air et la marine japonaises bombardèrent la ville chinoise de Shanghai, déclenchant une courte guerre. Le gouvernement chinois demanda l’aide de la SDN mais les officiels de l’Organisation, envoyés en Chine par bateau, arrivèrent tardivement. Le
 » rapport Lytton  » de la SDN déclara que le Japon avait tort et demanda que la Mandchourie retourne à la Chine. Lorsque le rapport fut approuvé à l’Assemblée de la SDN en 1933, le Japon se retira de l’Organisation. Cependant, le Japon conservera le contrôle de la Mandchourie jusqu’à ce que l’Armée rouge soviétique déclenche l’invasion de la région en 1945 et la restitue à la Chine à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
– Guerre du Chaco :
Elle eut lieu entre la Bolivie et le Paraguay qui voulaient tous deux s’approprier la région aride du  » Chaco boréal  » qui permet d’avoir le contrôle du  » rio Paraguay  » ainsi que l’accès à l’Océan Atlantique à l’un de ces deux pays enclavés au milieu des terres. En 1932 , l’armée bolivienne attaqua une garnison paraguayenne à Vanguardia. Le Paraguay fit appel à la SDN mais celle – ci renonça à agir quand la Conférence
pan – américaine offrit de négocier à sa place.
  – L’invasion italienne en Abyssinie :
En Octobre 1935, Benito Mussolini envoie les troupes italiennes envahir l’Abyssinie  ( l’Éthiopie actuelle ) . L’armée italienne, moderne, défait aisément une armée abyssinienne mal équipée et prend Addis-Abeba en Mai 1936, forçant l’empereur Haïlé Sélassié à la fuite. Lors du conflit, l’armée italienne fait usage d’armes chimiques  ( gaz moutarde ) et de lance – flammes. La SDN condamne l’agression italienne et imposé des sanctions économiques en Novembre 1935 mais elles sont, en grande partie, inefficaces. Le 11 Décembre 1937, l’Italie quitte la SDN.
  – Réarmement de l’Allemagne :
La SDN est impuissante, et la plupart du temps silencieuse, face aux évènements majeurs qui conduisent à la Seconde Guerre mondiale comme la remilitarisation de la Rhénanie, l’occupation des Sudètes et l’Anschluss par l’Allemagne, ce qui était interdit par le Traité de Versailles.
  – Guerre civile espagnole :
Le 17 Juillet 1936, un conflit armé s’engagea entre les Républicains  ( soutenant le gouvernement légitime ) et les Nationalistes  ( soutenant le soulèvement de l’armée espagnole au Maroc ) . Le gouvernement légitime appela, en Septembre 1936, la SDN à défendre l’intégrité du pays et son indépendance politique par la force armée. La SDN ne put néanmoins agir par elle – même dans cette guerre civile, ni même empêcher les interventions extérieures dans le conflit. Adolf Hitler et Benito Mussolini continuèrent à octroyer leur aide aux insurgés du Général Franco tandis que l’Union Soviétique soutenait le gouvernement républicain. La SDN tenta d’interdire l’intervention des  » brigades internationales  » .
  – La Seconde Guerre sino – japonaise :
À la suite de l’invasion de la Mandchourie et du départ du Japon de la SDN, de nombreux incidents de frontières eurent lieu, surtout autour de la zone démilitarisée depuis le traité de paix de 1933 par le Japon et la Chine qui s’étendait de Tianjin à Pékin. Le 7 Juillet 1937, le Japon envahit le reste de la Chine et c’est alors le début de la Seconde Guerre sino – japonaise. Le 12 Septembre, la Chine lance un appel à l’aide à la SDN pour organiser une intervention internationale.
Les pays occidentaux étaient favorables à la Chine dans sa lutte, notamment pour défendre leurs intérêts issus des concessions internationales et française de Shanghai. Si la SDN condamna le Japon le 28 Septembre 1937, elle n’a pu s’entendre pour prononcer des sanctions concrètes.

Ainsi donc, le bilan de la SDN a été mitigé puisqu’elle a eu à la fois des succès et des échecs ! Cependant, à mon avis, les trois coups durs qui ont mené à sa perte et qui ont finalement causé sa disparition sont :
– Le fait que les États Unis d’Amérique n’ont jamais rejoint la SDN dont le principal promoteur était pourtant le Président américain Thomas Woodrow Wilson.
– La SDN a quelquefois violé ses propres règles, surtout lorsqu’il s’agissait de cas où des membres importants de l’Organisation étaient impliqués ! Ce faisant, elle a beaucoup réduit de sa crédibilité .Cependant, sur ce point, nous pouvons dire, à sa décharge, que la SDN a beaucoup souffert de ne point posséder une force qui oblige tous les états membres à se conformer strictement à ses résolutions ainsi que de ne pas pouvoir forcer tous les états membres à participer à l’application rigoureuse de ses décisions à l’encontre des pays jugés fautifs !
– La SDN n’a pu empêcher le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale . Cela a constitué le coup dur  » fatal  »  qui a entraîné sa disparition !
C’est ainsi que la SDN fut officiellement dissoute le 20 Avril 1946. Elle a quand même eu le mérite d’avoir été à l’origine d’un tournant décisif dans les Relations Internationales ( notamment l’abandon de l’ancienne  » diplomatie secrète  » ) et le précurseur de l’ONU !

Justement, l’Organisation des Nations Unies , qui compte actuellement 193 états membres , a été instituée , le 24 Octobre 1945, suite à  la ratification de sa Charte signée le
26 Juin 1945, à San Francisco, par les représentants de 50 états .
Drôle de coïncidence, on attribue la paternité de l’expression
 » Nations Unies  » à un autre célèbre américain, en l’occurrence le Président Franklin Delano Roosevelt !
Le siège provisoire de l’ONU a été Londres. L’Assemblée Générale et le Conseil de Sécurité s’y réunissent pour la première fois en Janvier 1946.
En 1952, le siège des Nations Unies est déménagé à New York .
Pour ne pas reproduire l’échec de la SDN, il fut convenu que la nouvelle organisation devait être structurée autour d’un noyau dur d’États détenant une  » puissance objective  » et disposant d’un droit de véto .
Je ne vais point aborder les réalisations de l’ONU depuis sa création .Je pense qu’elles sont assez connues, vu que l’avènement de  l’Organisation est relativement récent ! Je m’étais étendu sur les  » performances  » de la SDN parce que j’estime personnellement qu’elles sont beaucoup moins connues ,étant plus lointaines dans le passé ! D’ailleurs, j’avoue que j’ai découvert, grâce à mes recherches, des problèmes traités par la SDN que j’ignorais complètement !

Cependant, je souhaiterais, concernant l’ONU, insister sur un point qui revêt une importance cruciale et qui me gêne quand même !
Il s’agit du droit de véto octroyé aux cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité, l’organe le plus important de l’ONU !
L’on peut, à la limite, comprendre qu’en raison de la terrible situation qui régnait à la fin de la Seconde Guerre mondiale et qu’en raison du très délicat rapport des forces qui prévalait alors, les cinq pays les plus puissants , et de surcroît vainqueurs de la guerre , aient ressenti le besoin de se prémunir contre toute  » mauvaise surprise  » et de tenir le monde entier sous leur  » bride  » ! Mais cela ne devait pas être voué à  durer indéfiniment !
En effet, avec la vague des multiples indépendances survenues dans les années 60 et depuis l’explosion à la fois démographique et technologique de pays dits émergents,  y compris l’existence d’un plus grand nombre de pays ayant maîtrisé l’énergie nucléaire  ( que ce soit ouvertement ou secrètement ) , la donne mondiale a radicalement changé ! Et l’on ne peut plus accepter, de gaieté de coeur, qu’un seul membre permanent du Conseil de Sécurité puisse empêcher l’adoption d’une résolution, même dans le cas où les 14 autres membres y sont favorables !
La création de l’ONU n’est – elle pas fondée principalement sur le  » Principe de l’égalité souveraine de tous les États pacifiques  » ? Serait – ce à dire que certains états sont   » plus égaux  » que les autres ?
Dans l’état actuel des choses, trois  » phénomènes  » peuvent entraver le bon fonctionnement du Conseil de Sécurité :
– Le blocage complet d’une résolution par l’usage du véto.
– Les négociations infinies qui retardent l’adoption d’une résolution , aboutissent régulièrement à des textes beaucoup moins contraignants que ne le requerrait la situation et ne sont souvent atteints qu’après que le plus grave de la crise ait été dépassé.
– Les résolutions  » comminatoires  » avec date butoir qui ne sont pas suivies d’une résolution exécutoire après cette date.

Il arrive très souvent que des résolutions restent pendantes sur une très longue durée, parfois au – delà d’un point où elles deviennent alors inexécutables.  Le cas le plus significatif est celui de la Crise du Moyen-Orient.
Une autre source de problème est la clause sur le  » vote affirmatif de tous les membres permanents  » qui empêche régulièrement l’adoption de résolutions répondant pourtant aux critères exposés dans les chapitres Vl et Vll de la Charte, parce qu’un ou plusieurs membres permanents souhaitent, pour diverses raisons, que les questions posées ne soient pas réglées au niveau du Conseil de Sécurité, notamment quand ces résolutions proposent des mécanismes coercitifs
( embargos, blocus ) ou des interventions directes de forces sous mandat de l’ONU.
Pour toutes ces raisons que je viens d’énumérer, le recours au véto par les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité devrait être définitivement abandonné par le moyen d’un amendement adéquat et de la Charte de l’Organisation et de la procédure de prise de décision  au sein du Conseil de Sécurité ! Ainsi, les quinze membres du Conseil de Sécurité auraient alors des voix absolument similaires basées sur le principe souverain :  » un pays, une voix  » .
Je n’ignore pas que depuis quelque temps l’on parle de la restructuration du Conseil de Sécurité et du projet d’y accroître le nombre de sièges permanents . Je ne pense pas du tout que ce soit une bonne idée ! Nous avons déjà assez  de difficultés avec cinq membres permanents pour en ajouter d’autres !
Et même si les sièges supplémentaires devaient inclure des pays en voie de développement, le résultat serait toujours que les membres permanents chercheraient à se bloquer les uns les autres  ( à qui mieux mieux ! ) selon leurs antagonismes ou leurs intérêts personnels ! À mon avis, cela ne ferait qu’accroître la  » cacophonie  » déjà existante au sein du Conseil de Sécurité !
Et puis, par ailleurs, quels pays , et en se basant sur quels critères, seraient ajoutés comme nouveaux membres permanents du Conseil de Sécurité ? Déjà, on en discute depuis un bon bout de temps et l’on ne semble pas près de trouver un compromis viable ! Les candidats sont nombreux et tous déterminés : l’Allemagne, l’Italie, les Pays – Bas , le Japon, l’Indonésie, la Malaisie, l’Égypte, le Nigéria, l’Afrique du Sud , l’Algérie, l’Australie … !
Il vaudrait mieux trancher la question et supprimer totalement et définitivement cette idée hautement discriminatoire  de membre permanent et de véto !

Je ne voudrais pas finir sans souligner qu’en fin de compte le concept de relations multilatérales n’existe pas depuis seulement 75 ans ! Il existe en fait depuis un peu plus d’un siècle puisque je vous rappelle que la SDN a tenu sa première réunion à Londres le 10 Janvier 1920 ! C’est aussi une  raison supplémentaire pour laquelle j’ai réservé une large place, dans mon exposé, à cette Organisation !

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