sommet de l'Otan

Un sommet de l’OTAN marqué par l’inquiétude des membres de l’Alliance et l’imprévisibilité de Trump

Le 26e sommet de l’Otan s’ouvre mercredi à Bruxelles dans un climat tendu et marqué par des incertitudes liées à l’imprévisibilité de Donald Trump et la perplexité des diplomates devant ses dérapages réguliers et le récent fiasco du dernier G7 au Canada. Le président américain s’en prend en effet depuis un moment à ses homologues européens, les mettant sous pression et pointant régulièrement « l’insuffisance » de leurs contributions de défense et la nécessité de « partager le fardeau » sécuritaire. Un sujet clivant qui sera au cœur des discussions de ce sommet.

Pourtant, tout est prêt : « la déclaration finale, les projets, les engagements », ont confié à l’AFP plusieurs responsables de l’Alliance sous couvert de l’anonymat. L’Alliance des vingt-neuf a établi cinq déclarations confirmant l’unité de l’Organisation et la garantie d’une défense transatlantique collective. Elles ont été signées par toutes les délégations, américaine comprise. « Des sujets qui divisent, comme celui de l’Iran, du soutien européens aux Kurdes en Syrie ou du différend entre la Hongrie et l’Ukraine, ont été écartés de ce vingt-sixième sommet » afin que le consensus soit préservé, relève « Le Monde ». « La seule inconnue vient des participants », a souligné un diplomate interrogé par l’AFP.

Propos revendicatifs

Trump a quitté Washington en tenant des propos revendicatifs. Les États-Unis « payent beaucoup trop », a-t-il répété dans la matinée de mercredi devant la presse, lors d’une rencontre à Bruxelles avec le secrétaire général de l’Otan, le Norvégien Jens Stoltenberg. « C’est disproportionné et injuste pour les contribuables » américains. « Nous protégeons l’Allemagne, la France. Nous protégeons tous ces pays. Et certains d’entre eux vont signer un contrat de gazoduc avec la Russie et des milliards de dollars vont dans leurs caisses », a-t-il poursuivi en visant explicitement l’Allemagne et le projet, qui semble inquiéter Washington, de gazoduc Nord Stream 2, qui doit la relier à la Russie via la Baltique.

« Donc nous sommes supposés vous protéger contre la Russie et vous lui donnez des milliards de dollars, je pense que c’est très inapproprié », a-t-il encore pesté.

Sur le Vieux continent, ces propos exaspèrent de plus en plus les dirigeants européens. Agacé, et rompant avec le ton policé de ses prédécesseurs, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, l’a interpellé mardi pour lui signifier que ses propos déplaisants presque quotidiens étaient contreproductifs. Il l’a invité à « mieux considérer » ses alliés « car l’Amérique n’en a pas tant que ça ».

Les Alliés se sont engagés en 2014 à consacrer 2 % de leur PIB à leur défense dans les dix ans. Mais une quinzaine d’Etats membres, dont l’Allemagne, le Canada, l’Italie, la Belgique et l’Espagne sont sous la barre de 1,4 % en 2018 et seront probablement incapables de respecter cet engagement, ce qui ulcère Donald Trump. « Les pays de l’Otan doivent payer plus, les Etats-Unis doivent payer moins », a-t-il écrit sur son compte Twitter avant son départ pour Bruxelles.

 « Il est important que l’Otan reste unie »

« Il est de mon devoir de réduire l’impact des désaccords sur l’Otan afin que l’Alliance puisse demeurer la pierre angulaire de la sécurité transatlantique », a pour sa part tempéré Jens Stoltenberg. Ce dernier dit espérer que les dirigeants des vingt-neuf pays membres de l’Otan pourront avoir pendant le sommet des discussions franches et honnêtes sur leurs divergences de vue.

Mais le chef de l’Otan n’a pas voulu commenter l’hypothèse d’une annulation, à la demande de Donald Trump, de l’exercice Trident Juncture prévu à l’automne en Norvège. Annoncé comme le plus important déploiement militaire jamais réalisé par l’Otan depuis la fin de la Guerre froide, l’exercice Trident pourrait selon lui être considéré comme une menace par la Russie, en plus de coûter cher au contribuable américain.

Jens Stoltenberg a par ailleurs affirmé que les alliés souhaitaient avoir des éclaircissements sur les intentions de Donald Trump au sujet de sa rencontre avec son homologue russe le 16 juillet à Helsinki. Nous sommes « en mesure de discuter avec lui pendant le sommet de la relation entre l’Otan et la Russie. Il est important que l’Otan reste unie », a-t-il dit.

Dans le cadre de l’initiative américaine « 4×30 », les membres de l’Otan vont s’engager à être en mesure en 2030 de déployer sous 30 jours 30 bataillons mécanisés, 30 escadrilles et 30 navires de combat pour pouvoir faire face à une opération militaire de la Russie, identifiée comme un potentiel agresseur.

« Nous avons augmenté la préparation de nos forces sur le flanc Est, et nous prenons des décisions pour acheminer rapidement des renforts le cas échéant. Tout cela contribue à rendre notre dissuasion crédible », estime le secrétaire général de l’Alliance.

Le Diplomate Tunisien, avec AFP

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