Sidi Bou Saïd

Une journaliste américaine du Daily Beast : « Oubliez Santorin, découvrez Sidi Bou Saïd ! »

Venue en Tunisie pour « se ressourcer et se remettre d’une rupture amoureuse », une jeune femme a retrouvé la joie de vivre dans le creux des dédales bicolores de Sidi Bou Saïd. C’est dans un article paru sur « The Daily Beast » que Katherine Parker-Magyar, journaliste basée à New York qui se présente comme auteure, journaliste et voyageuse, fait un merveilleux éloge de la vieille ville bleue et blanche.

« Moins populaire que le Maroc ou l’Egypte, la Tunisie est un joyau caché pour la plupart des Américains. Un tour rapide en TGM m’a révélé à ma grande surprise les beautés insoupçonnées de ce pays », écrit-elle pour le média américain. Mais c’est sans conteste Sidi Bou Saïd qui semble l’avoir le plus éblouie : « Les touristes affluent par milliers à Santorin pour s’extasier des images classiques de maisons blanchies à la chaux et garnies de bleu et de bougainvilliers, mais une ville oubliée de Tunis a tout autant de potentiel », affirme-t-elle. Et de poursuivre avec un brin d’entrain poétique : « Perchée au sommet d’une falaise abrupte, la ville, surnommée à juste titre ‘La ville bleue’, scintille au-dessus de la Méditerranée. »

La journaliste américaine explique plus loin que comme tout utilisateur d’Instagram le sait, l’architecture bicolore méditerranéenne est surtout connue pour être celle dont se distingue l’île grecque de Santorin située en mer Egée et où les villages blancs juchés au sommet des falaises sont surmontés de coupoles bleues. Elle déplore que les amateurs de selfies en « yacht week » qui n’ont de cesse de clamer, photographies à l’appui, leur amour démesuré et feint pour les coins les plus authentiquement reculés, n’aient même pas idée de l’existence de ce village à l’architecture tortueuse où s’entremêlent différentes influences mauresques, arabes et andalouses. Elle s’en console toutefois un peu, car elle semble apprécier que cette vieille ville, pourtant si « photogénique », ne soit pas envahie par les consommateurs de virées touristiques de masse.

Une ville sacrée pour les artistes

« Cette ville a longtemps été une retraite bohème, écrit-elle. Au début du XXe siècle, Tunis était un Paris alternatif pour les artistes de la Génération perdue, et Sidi Bou Saïd fut comme un Montmartre scintillant. » Le village où a résidé le Baron d’Erlanger a en effet inspiré nombre d’écrivains et d’intellectuels (de Simone de Beauvoir à Collette, d’André Gide à Flaubert en passant par Chateaubriand ou autre Michel Foucault) et d’éminents peintres (dont Henri Matisse, qui a peint ses célèbres portes bleues). « Paul Klee n’a-t-il pas dit, en visitant la ville : “La couleur a pris possession de moi. Je n’ai plus à la poursuivre, je sais qu’elle me tient toujours.” ? », veut rappeler la journaliste.

Sidi Bou Saïd« Un siècle plus tard, les paroles de Klee restent vraies. Les couleurs reflètent l’environnement naturel de la ville : le magnifique ciel d’Afrique du Nord, la mer Méditerranée céruléenne. La lumière en Afrique du Nord ne ressemble à nulle part ailleurs dans le monde – pâle, presque irisée – et n’est jamais plus belle qu’à Sidi Bou Saïd. Et si vous ne me faites pas confiance, faites confiance à André Gide ! », demande-t-elle à ses lecteurs. Dans son Journal (Gallimard, 1950), Gide écrit en effet ces quelques lignes flatteuses : « Ce matin, réveil dans une brume épaisse. Sidi Bou Saïd baigne dans un lait fluide, nacré, sédatif, presque frais, récompense de la touffeur de ces derniers jours. On se serait cru au Congo. Je suis sorti dans le jardin : les feuilles respirent et ruissellent, que le sirocco d’hier avait flétries. Seuls les premiers plans sont visibles : quelques cyprès et les murs blancs des plus proches maisons arabes, qui semblent fondre dans cette vapeur argentée. »

« Réservez tout de suite votre vol, avant que le reste du monde s’en mêle ! »

Mais outre la mise en forme littéraire du charme unique de cette ville, Katherine Parker-Magyar en encense le mode de vie joyeux et rafraîchissant. Elle en recommande vivement les restaurants les plus emblématiques, dont « Au bon vieux temps » pour la vue surplombant la mer de sa terrasse. Et de conclure : « Alors, si votre destination de rêve est celle du charme, de l’authenticité et de la beauté envieuse des réseaux sociaux, rendez-vous à Sidi Bou Saïd ! Mais réservez tout de suite votre vol, avant que le reste du monde s’en mêle ! »

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