Une première, colloque de réflexion géostratégique entre les anciens ambassadeurs ...

Une première, colloque de réflexion géostratégique entre les anciens ambassadeurs et les anciens officiers de l’armée : le cas syrien et ses répercussions sur la Tunisie et la région

0
PARTAGER

On l’a vite relevé. Pour une première c’en est une. En effet pour la première fois, les vétérans de la diplomatie et de l’armée nationale se réunissent ensemble pour réfléchir de concert sur une question de géostratégie impliquant notre pays. En effet à l’initiative de l’association des anciens officiers de l’armée nationale(AAOAN) et de l’association tunisienne des anciens ambassadeurs et consuls généraux (ATAACG) un colloque s’est tenu samedi 12 décembre à la grande salle de la bibliothèque nationale sur le thème : « la nouvelle situation géostratégique dans le monde : l’exemple syrien. ».
Devant un parterre d’anciens officiers supérieurs de l’armée et d’anciens ambassadeurs ainsi que d’étudiants en sciences politique, ce sont M.Tahar Sioud présidentl’ATAACG et le Colonel-major(R) Mohamed Mzoughi, président de l’AAOAN qui ont servi de modérateurs à ce colloque.
Ouvrant les travaux, M. Tahar Siou s’est dit heureux de voir les deux associations œuvrer ensemblesur des sujets d’intérêt national. Il s’est dit convaincu que le présent colloque sera le premier d’une longue liste d’actions communes aux deux associations. Le premier intervenant fut M. HabibLazreg, ancien ministre et ambassadeur qui a fait un exposé brillant et documenté sur énergie et géostratégie où il a démontré cartes à l’appui les rapports étroits entre les sources d’énergie (pétrole et gaz) et les conflits dans le monde. Si les réserves de pétrole brut sont concentrées au Moyen orient, en Afrique du Nord et Afrique occidentale, en Russie, en Amérique principalement, c’est là où ces réserves sont destinées à la consommation lointain (comme c’est le cas pour le Moyen Orient, l’Afrique du Nord et l’Afrique occidentale) que les conflits sont réels ou latents. Faisant remarquer que le pétrole devant s’épuiser dans un délai de cinquante ans, c’est le gaz naturel qui prend la relève puisqu’il est devenu la source de conflits dans le monde. Concentré en Russie (et dans sa zone d’influence : Turkménistan et Kazakhstan) et au Moyen Orient-Afrique du Nord (Iran, Qatar, Algérie et Libye principalement), le gaz manque à l’Europe pour ses besoins énergétiques et pour le confort de ses populations. Pour ses approvisionnements, l’Europe a besoin d’une multitude de pipelines qui traverseront la Turquie d’où l’importance stratégique de ce pays qui ne manquera pas d’utiliser cet atout notamment pour imposer son adhésion à l’Union Européenne malgré l’opposition traditionnelle de grands pays du vieux continent. L’entrée avec fracas de Moscou dans le conflit syrien est une manifestation au niveau géostratégique de cette course énergétique surtout à la suite de la découverte en offshore au large des côtes syriennes d’importants gisements de gaz.

Le Colonel-major(R) Moussa Khalfi présenta ensuite un exposé exhaustif sur la situation militaire en Syrie. Géographie, forces en présence, déroulement du conflit depuis son déclenchement en 2012, bilan des victimes : tels sont les différents chapitres de cet exposé. L’orateur s’est appesanti sur ce qu’on a convenu d’appeler « l’Etat islamique » dont l’acronyme est DAESH en arabe, en en disséquant les forces militaires, les zones d’installation sur le sol syrien et les dangers qu’il représente pour la sécurité de la région.
Le dernier exposé présenté par M. Hédi Ben Nasr ancien ambassadeur en Irak et en Syrie a porté sur les « répercussions du conflit syrien sur la région et en particulier sur la Tunisie ». En bon connaisseur du sujet puisqu’il a été en poste à Bagdad et à Damas, M. Ben Nasr a expliqué d’abord les raisons qui ont provoqué l’embrasement de la Syrie dans la foulée du « Printemps arabe » , c’est la nature du régime autoritaire mais aussi le refus de ce pays depuis plus de cinquante ans de se placer dans l’orbite des américains, ainsi que l’hostilité qu’il a suscité parmi certains régimes arabes pour son ingérence dans sa zone proche, notamment au Liban, a-t-il dit. L’orateur a parlé aussi dansl’intervention russe dans le conflit syrien par des frappes aériennes ciblant les terroristes de DAESH, soulignant que ces frappes ont poussé les « djihadistes » à fuir la Syrie pour se replier en Libye constituant ce faisant un danger réel et potentiel pour la Tunisie et les pays proches. Il a conclu en mettant l’accent sur la nécessité des pays limitrophes de la Libye, en Afrique du Nord, au Sahel et en Europe du sud de conjuguer leurs efforts pour lutter efficacement contre le danger terroriste provenant de la Syrie.
A la suite d’une courte séance de questions/réponses entre l’assistance et les intervenants, Le Colonel-major(R) Mahmoud Mzoughi a clos le colloque en en soulignant l’intérêt et en se disant convaincu qu’il aura une suite pour des réflexions communes entre les anciens ambassadeurs et anciens officiers supérieurs de l’armée nationale sur des sujets de géostratégie intéressant au premier chef notre pays.
R.B.R.

Pas de commentaires

Laisser un Commentaire