Niamey
© Mulugeta Ayene/AP/Sipa

Union africaine : un sommet à Niamey consacré au libre-échange

Les chefs d’État des pays membres de l’Union africaine se réunissent dimanche et lundi à Niamey pour un sommet qui concerne surtout la Zone de libre-échange continentale (Zlec).

Le sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine (UA) a lieu les dimanche 7 et lundi 8 juillet. « Pas moins de 31 présidents sont présents. Les premiers ont commencé à arriver vendredi dans la capitale du Niger, où ils ont retrouvé leur ministre des Affaires étrangères. Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Patrice Talon (Bénin), Macky Sall (Sénégal), Alpha Condé (Guinée), Paul Kagame (Rwanda), Faure Gnassingbé (Togo), Félix Tshisekedi (RDC), Abdel Fattah al-Sissi (Égypte), Muhammadu Buhari (Nigeria), Nana Akufo-Addo (Ghana), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville), Idriss Déby Itno (Tchad) sont notamment présents », indique l’envoyé spécial de Jeune Afrique à Niamey.

Un sommet qui est principalement consacré à la mise en place de l’accord visant la création de la Zone de libre‑échange continentale (Zlec). « Relancé par Alpha Condé, ce projet est l’un des étendards de l’agenda 2063 de l’Union africaine. Il était en discussion depuis 2012 et vise à créer un marché commun de 1,2 milliard d’habitants, dont le PIB cumulé avoisinerait 2500 milliards de dollars », poursuit Jeune Afrique. Le journal rappelle que l’accord a déjà été ratifié par 25 pays et signé par 53 membres sur les 55 que compte l’UA. « Après des années de refus, le Nigeria de Muhammadu Buhari a finalement annoncé qu’il le ratifierait à Niamey. Le Bénin et l’Erythrée sont désormais les deux seuls pays réfractaires. La ratification du géant nigérian, première économie du continent, avec plus de 190 millions d’habitants (17 % du PIB africain), ne mettra pas fin aux réticences de ses industriels. »

« Le Nigeria signe cet accord après de multiples consultations de spécialistes locaux », a ainsi annoncé la présidence. Celle-ci a aussi indiqué que la « priorité désormais sera de mener des négociations pour garantir des garde-fous contre la contrebande, le dumping social et autres menaces économiques ».

L’un des objectifs de la Zlec est d’améliorer les échanges commerciaux et ainsi de supprimer d’ici cinq à dix ans les droits de douane sur un ensemble de produits représentant 90 % des lignes tarifaires. Ainsi, « les pays membres devront remettre leur liste de produits dédouanés, dit non-sensibles, et se mettre d’accord sur les règles d’origine, c’est-à-dire les critères [qui] permettront de savoir quelle proportion d’intrants africains est nécessaire pour qu’un produit soit considéré comme made in Africa », analyse le journal français.

Passeport unique 

Les questions du passeport unique africain et du projet de marché unique aérien seront elles aussi abordées. Le traité instituant la Communauté économique africaine sur la libre circulation des personnes, le droit de résidence et le droit d’établissement a été signé par 32 pays, lors du précédent sommet à Kigali tenu l’année dernière. Mais à l’heure actuelle, il a uniquement été ratifié par le Rwanda, rappelle encore Jeune Afrique.

La situation incertaine au Soudan, en Libye et au Sahel feront également l’objet de débats. Le médiateur de l’Union africaine (UA), Mohamed El-Hacen Lebatt, a annoncé vendredi que le Conseil militaire et l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), figure importante de la contestation soudanaise, s’étaient mis d’accord pour une direction « alternée » de l’instance qui prendra politiquement en charge une période de transition d’environ trois ans. « Les deux parties se sont mis d’accord sur l’instauration d’un conseil souverain avec une alternance entre les militaires et les civils, pour une période de trois ans ou un peu plus », a-t-il déclaré.

Jeune Afrique indique également que vendredi à Niamey, la situation libyenne a, elle, été au centre d’une réunion du Conseil paix et sécurité (CPS). « Le bombardement d’un camp de migrants, mardi, a été unanimement condamné. »

Et c’est principalement la situation sécuritaire qui inquiète l’opinion publique africaine. Ainsi, un journal burkinabé cité par Courrier International indique que « les exemples ne manquent pas qui indiquent que la ZLEC est un bébé qui naît avec bien de handicaps dans un climat sécuritaire dégradé dans bien de pays africains. Dès lors […] on est poussé à s’exclamer à l’adresse de l’Union africaine : zone de libre-échange d’accord, mais sécurité d’abord ! »

N.B., avec Jeune Afrique et Courrier International

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer