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L'opposant et président autoproclamé du Venezuela Juan Guaido au Parlement,le 6 mars 2019 à Caracas - Federico PARRA [AFP]

Venezuela : soumis à de nouvelles sanctions, le régime contre-attaque

Le gouvernement de Nicolas Maduro, soumis à une forte pression de la communauté internationale dont une grande partie soutient son opposant Juan Guaido, a contre-attaqué mercredi en expulsant l’ambassadeur d’Allemagne à Caracas pour « ingérence », rapporte aujourd’hui l’AFP. Une décision immédiatement dénoncée par Berlin, qui la juge « incompréhensible », estimant qu’elle « aggravera la situation et ne contribuera pas à la détente ».

« Notre soutien, le soutien de l’Europe, à Juan Guaido reste intacte », a ajouté le ministère allemand des Affaires étrangère en félicitant le diplomate allemand, qui « a fait de l’excellent travail à Caracas, en particulier ces derniers jours ».

L’événement qui intervient alors que de nouvelles sanctions ont été annoncées par Washington, qui a révoqué les visas de 77 responsables du gouvernement et de leurs proches, en plus des dizaines d’annulations déjà annoncées, et menacé les « institutions financières étrangères impliquées dans l’aide à Nicolas Maduro et à son réseau corrompu ». « Nous allons continuer à demander des comptes à l’ensemble du régime Maduro jusqu’à ce que la « libertad » soit rétablie au Venezuela », a ainsi promis le vice-président américain Mike Pence.

Accusé « d’ingérence dans les affaires intérieures » du pays, l’ambassadeur allemand Daniel Kriener a été déclaré « persona non grata » et sommé de quitter le pays « dans les 48 heures », a annoncé la vice-présidence vénézuélienne citée par l’AFP. Elle a ajouté que « le Venezuela juge inacceptable qu’un diplomate étranger exerce un rôle public proche de celui d’un responsable politique aligné sur le complot de secteurs extrémistes de l’opposition vénézuélienne ».

Guaido veut plus de sanctions contre le régime

L’ambassadeur allemand s’était rendu lundi à l’aéroport international de Caracas comme une douzaine d’autres diplomates occidentaux et latino-américains pour y accueillir Juan Guaido, président de l’Assemblée nationale et président par intérim autoproclamé et soutenu par une cinquantaine de pays.

M. Guaido avait annoncé son retour « malgré les menaces » de M. Maduro qui avait expliqué que son opposant devrait s’expliquer devant la justice pour avoir transgressé une interdiction de sortie du territoire pour se rendre en Colombie et plusieurs autres pays sud-américains. L’opposant et président du Parlement, qui s’est auto-proclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier, fait depuis l’objet d’une enquête pour « usurpation ».

Ayant présidé mercredi une réunion de l’Assemblée nationale, l’opposant a estimé que l’expulsion de l’ambassadeur allemand constitue « une menace contre le monde libre ». Dans un entretien publié jeudi par le Spiegel, il appelle l’ambassadeur allemand à rester au Venezuela, et demande à l’Europe de « renforcer les sanctions financières contre le régime ». « La communauté internationale doit empêcher que l’argent des Vénézuéliens ne soit utilisé à mauvais escient pour tuer les opposants au régime et les peuples autochtones », a déclaré l’opposant au journal allemand.

Pour l’heure, seul ce diplomate allemand a été l’objet d’une mesure d’expulsion. Douze autres représentants occidentaux et latino-américains étaient venus lundi accueillir M. Guaido à l’aéroport « comme témoins de la démocratie et de la liberté, afin que le président Guaido puisse rentrer », selon l’ambassadeur de France à Caracas, Romain Nadal. Les Etats-Unis avaient menacé de représailles s’il était porté atteinte à l’opposant.

Dans un message le soir même sur Twitter, M. Guaido avait « remercié » les diplomates « qui ont accompagné notre retour au Venezuela » citant l’Allemagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, la Roumanie, le Canada, le Chili, l’Argentine, le Brésil, le Pérou, l’Equateur et les Etats-unis.

Le 23 février, les forces armées vénézuéliennes s’étaient opposées à l’entrée de l’aide humanitaire qu’avait organisée l’opposition vénézuélienne avec le soutien des Etats-Unis. C’est à cette occasion que Juan Guaido s’était rendu clandestinement en Colombie. Des incidents avaient alors fait sept morts et plus de 300 blessés. Depuis, la frontière avec la Colombie est restée fermée.

N.B., avec AFP

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