Visite de Youssef Chahed à Paris: justice sociale, investissements, retour du tourisme...

Visite de Youssef Chahed à Paris: justice sociale, investissements, retour du tourisme et coopération culturelle

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Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed, à la tête d’un gouvernement d’union nationale depuis fin août a effectué sa première visite officielle en France, visite de deux jours les 9 et 10 novembre 2016 à Paris à l’invitation de son homologue français Manuel Valls. La visite est symbolique : elle témoigne d’une longue histoire commune entre les deux pays et elle vise à renforcer et pérenniser la présence française en Tunisie en matière d’investissements, de création d’emplois, de coopération politique (sécurité, renseignements, etc.), mais aussi de coopération culturelle, et scientifique. Youssef Chahed est venu à Paris à la tête d’une délégation de plusieurs ministres et hommes d’affaires et il a été reçu à l’Elysée par le président François Hollande jeudi 10 novembre. Le dossier central reste celui de l’économie. La Tunisie fait face à un grand déficit public et est déterminée à achever une période de transition économique mouvementée depuis la révolution en 2011. D’où l’importance « stratégique » qu’elle accorde à cette visite de Paris qui précède l’organisation à la fin de ce mois de novembre, d’une rencontre internationale sur l’investissement à Tunis, « Tunisia 2020 », rencontre qui a été au centre des entretiens menés par Youssef Chahed où par ailleurs a été évoquée la question de la conversion d’une partie de la dette tunisienne en projets de développement en Tunisie. Aussi, le chef du gouvernement tunisien, espère attirer le maximum d’investisseurs étrangers pour lancer une centaine de grands projets dans le pays – pour une enveloppe globale de 20 milliards d’euros – dont près de la moitié concerne les grands projets d’infrastructures publiques : autoroutes, port en eaux profondes, méga- stations de dessalement d’eau. Des entreprises françaises y trouveront certainement intérêt à profiter de ces opportunités dans la mesure où certains de ces projets seront réalisés dans le cadre du Partenariat Public Privé (PPP) et le reste relèvera des Investissements Directs Etrangers (IDE). Le chef du gouvernement tunisien a souligné l’importance du soutien de ses partenaires historiques, dont la France justement pour relancer son économie. Comme la France et comme d’autres pays en Europe et dans le monde, la Tunisie doit lutter contre le terrorisme, et c’est une priorité qui appelle à « un soutien massif » selon les mots de Youssef Chahed ; mais il a tenu tout de même à souligner que « la Tunisie représente une exception par rapport aux pays du printemps arabe ». Précisant que le pays affronte un contexte sécuritaire, économique et social délicats, mais que le premier challenge est celui du décollage économique, il a estimé à cet égard que jusque là « l’aide accordée à la Tunisie n’était pas à la hauteur des enjeux qui se dressaient devant elle », lors de la Conférence-débat sur le thème « Les défis de la transition en Tunisie » qu’il a animée le mercredi soir à l’Institut d’études politiques à Paris (Sciences Po) Le Président de l’Assemblée nationale française, Claude Bartolone qui a également reçu Youssef Chahed, a tenu à cet égard à assurer le chef du gouvernement tunisien du soutien de son pays, et de son engagement résolu à accompagner le processus de réformes et de développement investi par la Tunisie et à contribuer à la relance économique, notamment par le biais des investissements directs étrangers et le retour des touristes français. Le président de l’Assemblée nationale française, qui effectuera une visite en Tunisie en janvier 2017, à l’invitation du président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Ennaceur, a également souligné l’engagement de la France à fournir une aide plus conséquente à la Tunisie pour mieux équiper ses forces spéciales et renforcer la collaboration en matière de renseignements. « La sécurité de la France dépend de celle de la Tunisie, dans la mesure où nos destins sont liés « , a-t-il dit. Youssef Chahed s’est également entretenu avec le ministre français des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, ainsi que le président du Sénat Gérard Larcher et a visité le nouveau pavillon de la Maison de la Tunisie, dirigée par Imed Frikha, où il a pu rencontrer des étudiants résidents et des membres de la communauté tunisienne.

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