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Visite historique du pape aux Emirats pour renforcer les liens avec l'islam © AFP / GIUSEPPE CACACE

Visite historique du pape aux Emirats arabes unis

Le pape François entamera dimanche soir un voyage historique aux Emirats arabes unis, première visite d’un souverain pontife dans la péninsule arabique, où il va chercher à renforcer davantage les liens avec l’islam.

Une visite qui « ne pouvait mieux tomber », a déclaré à l’AFP Mgr Paul Hinder, évêque du Vicariat apostolique d’Arabie du sud qui comprend les Emirats arabes unis, Oman et le Yémen. « Je suis heureux d’écrire sur votre chère terre une nouvelle page d’histoire entre les religions, confirmant que nous sommes des frères tout en étant différents », a déclaré le pape dans un message vidéo jeudi destiné au peuple émirati.

Il est attendu dans la capitale Abou Dhabi pour un séjour de deux jours au cours duquel il participera à un entretien interreligieux et retrouvera le grand imam sunnite d’al-Azhar, cheikh Ahmed al-Tayeb, qu’il avait déjà rencontré en Egypte en 2017. L’évêque de Rome a fait du rapprochement entre l’islam et le catholicisme, deux des plus grandes religions du monde, une pierre angulaire de son pontificat.

Unité plutôt que division

Le pape a ainsi expliqué croire que la rencontre interreligieuse prévue lundi reflétera « le courage et la volonté d’affirmer que la foi en Dieu unit et non divise, rapproche malgré les distinctions, éloigne de l’hostilité et de l’aversion ».

Le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, qui a invité le pape aux Emirats, a salué en lui, dans un tweet jeudi, un « homme de paix et d’amour », ajoutant qu’il espérait que « les générations à venir prospéreront dans la paix et la sécurité ».

Contrairement à l’Arabie saoudite qui interdit la pratique d’autres religions que l’islam, les Emirats arabes unis, où une grande partie de la population est composée de travailleurs étrangers, tentent de donner l’image d’un Etat « cherchant à projeter des valeurs de tolérance religieuse et de diversité culturelle », explique l’AFP. Ce riche pays du Golfe, qui se targue d’avoir un ministre de la Tolérance, a ainsi déclaré 2019 « Année de la Tolérance ».

Des millions d’expatriés vivent dans les Emirats, dont d’importantes communautés d’Inde et des Philippines. Il existe ainsi une communauté d’environ un million de catholiques dans cet Etat du Golfe. Cependant, les autorités contrôlent les pratiques religieuses et répriment toute contestation politique ou exploitation de la religion, y compris par les islamistes. « Nous ne contrôlons pas les prêches du vendredi, mais nous les régulons pour le bien-être commun afin d’éviter la dissémination de discours de haine, comme nous l’avons vu dans de nombreux pays, y compris en Europe », a justifié à l’AFP un responsable émirati.

Au dernier jour de sa visite mardi, le pape François dirigera une messe à laquelle participeront plus de 130 000 personnes, ce qui devrait être le plus grand rassemblement jamais organisé aux Emirats, selon des médias locaux.

« Le pape du peuple »

Le pape argentin François, qui est entré dans l’Histoire quand il a été nommé premier souverain pontife d’Amérique latine en 2013, est souvent décrit comme le « pape du peuple ». Les latino-américains « sont des gens très différents, très sympathiques, qui se font facilement des amis. C’est ce qu’on voit chez le pape François », assure pour sa part le prêtre Lennie Connully officiant au sein de l’église catholique Sainte-Marie de Dubaï. Depuis le début de sa papauté, l’évêque de Rome s’est rendu à plusieurs reprises dans des pays dont la population est majoritairement musulmane, comme l’Egypte, l’Azerbaïdjan, le Bangladesh et la Turquie. En mars, il est également attendu au Maroc.

N.B., avec AFP

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