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La Russie a confirmé détenir 3 navires de la marine ukrainienne, les vedettes blindées d’artillerie Berdyansk et Nikopol ainsi que le remorqueur Yani-Kapou. Ph. Reuters

Vives tensions entre Kiev et Moscou, qui a capturé trois navires militaires ukrainiens en mer Noire

L’Ukraine a fait un pas important vers la déclaration d’une loi martiale après que la Russie a capturé trois navires de la marine ukrainienne, faisant des blessés dans le détroit de Kertch, qui relie la mer Noire à la mer d’Azov.

La tension est telle que le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra ce lundi une réunion d’urgence, selon des diplomates, qui ont précisé à l’AFP qu’elle avait été réclamée par les deux pays. Dans la nuit de dimanche à lundi, le Conseil de sécurité et de défense ukrainien a proposé au président Petro Porochenko d’introduire la loi martiale « pour soixante jours », a annoncé le secrétaire de cette instance. Cette décision doit être entérinée par le Parlement ukrainien, dont une session extraordinaire est prévue dans l’après-midi.

Lors de la réunion du Conseil de sécurité, le président Porochenko a dénoncé un « acte fou de la Russie contre l’Ukraine », assurant que l’« attaque » était « préméditée ». « La loi martiale ne signifie par une déclaration de guerre » à la Russie, « elle sera introduite uniquement pour la défense », a-t-il assuré. Les tensions entre l’Ukraine et la Russie autour de la mer d’Azov connaissent ainsi de nouveau une brusque flambée, Kiev accusant la Russie d’avoir percuté un navire ukrainien et bloqué l’accès à cette petite mer, située entre la Crimée, annexée en 2014 par Moscou, et l’est de l’Ukraine, théâtre d’une guerre avec des séparatistes prorusses.

Les bateaux tentaient d’entrer depuis la mer Noire dans le détroit de Kertch. Sur un total de 23 militaires à bord, six ont été blessés dont deux grièvement, selon l’armée ukrainienne. La Russie a confirmé l’arraisonnement et l’« usage d’armes », accusant les navires ukrainiens de « mener des actions illégales dans les eaux territoriales russes ».

La porte-parole de la diplomatie russe Maria Zakharova a dénoncé les « méthodes de bandits de grands chemins » de l’Ukraine, dans une déclaration transmise à l’AFP : « d’abord des provocations, puis de fortes pressions, puis des accusations d’agression ». De son côté, la marine ukrainienne affirme avoir averti la Russie à l’avance de l’itinéraire de ses navires.

L’Otan appelle à la retenue

« Nous attendons de la Russie qu’elle restaure la liberté de passage dans le détroit de Kertch et nous appelons toutes les parties à agir avec le maximum de retenue afin d’aboutir à une désescalade immédiate de la situation », a exhorté l’Union européenne. L’Otan a aussi appelé « à la retenue et à la désescalade ».

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkin a appelé l’Occident à « former une coalition claire pour résister aux actes d’agression de la Russie ». « Sur les instructions du président Porochenko, nous faisons immédiatement appel au Conseil de sécurité des Nations unies », a renchéri Volodymyr Ielchenko, représentant permanent de l’Ukraine auprès de l’ONU.

La Russie revendique le contrôle des eaux au large de la Crimée depuis l’annexion de la péninsule. Kiev et les Occidentaux accusent Moscou d’entraver délibérément la navigation des navires commerciaux via le détroit de Kertch. Les difficultés sont apparues avec la construction par Moscou du pont très controversé de 19 kilomètres de long dans le détroit de Kertch. L’installation de ses arches en 2017 empêche le passage d’une partie des navires. Cette année, les garde-frontières russes ont commencé à retenir des bateaux, officiellement pour des contrôles.

Kiev estime que Moscou pourrait aller jusqu’à préparer une offensive contre Marioupol, dernière grande ville sous contrôle de Kiev dans l’est du pays. Les eaux de la mer d’Azov baignent le sud du Donbass, région ukrainienne où le conflit armé avec les séparatistes prorusses a fait plus de 10 000 morts en quatre ans. Kiev et l’Occident accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes, ce que Moscou dément.

N.B., avec AFP

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