La présence de mercenaires russes pourrait modifier le cours de la guerre civile en Libye. Photo : Fadel Senna / AFP - Getty Images

Washington accuse la Russie de menacer la paix et la sécurité en Libye

Selon le Département d’Etat américain, l’ingérence russe en Libye menace la paix, la sécurité et la stabilité dans ce pays.

Depuis que le New York Times a révélé, le 5 novembre 2019, la présence de quelque 200 mercenaires russes en Libye, Washington se dit inquiète de la stratégie de Moscou en Libye. Le journal américain affirme en effet que « les tireurs d’élite [faisaient] partie des quelque 200 combattants russes arrivés en Libye au cours des six dernières semaines, dans le cadre d’une vaste campagne menée par le Kremlin pour réaffirmer son influence au Moyen-Orient et en Afrique ».

Des responsables américains ont précédemment déclaré à CNN qu’ils pensaient que des centaines de mercenaires russes affiliés au groupe Wagner, une organisation paramilitaire liée au Kremlin, étaient en Libye depuis quelque temps déjà, travaillant pour le compte de Moscou et aidant Haftar dans sa tentative de capturer Tripoli. Le Secrétaire d’Etat adjoint aux affaires du Proche-Orient, David Schenker, a toutefois déclaré que la Russie y déployait également du personnel en uniforme.

Les Russes sont « déployés en grand nombre pour soutenir l’Armée nationale libyenne (ANL) », a déclaré M. Schenker, qualifiant leur présence d' »incroyablement déstabilisante ». La présence des troupes russes « soulève le spectre de possibles pertes massives parmi la population civile » a-t-il alerté.

Une délégation américaine a rencontré le maréchal Haftar

Le 25 novembre déjà, le département d’Etat avait révélé dans un communiqué qu’une délégation de hauts responsables américains, dont la conseillère adjointe à la Sécurité nationale de la Maison blanche, Victoria Coates, et l’ambassadeur américain en Libye, Richard Norland, avait rencontré le 24 novembre le maréchal Khalifa Haftar. « De hauts responsables américains ont rencontré le général Khalifa Haftar le 24 novembre pour discuter des mesures à prendre pour parvenir à une suspension des hostilités et à un règlement politique du conflit libyen », indiquait ce communiqué.

Les responsables ont souligné le « soutien total » des Etats-Unis à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Libye et ont exprimé leur « grave préoccupation face à l’exploitation du conflit par la Russie aux dépens du peuple libyen ». Ces discussions « franches » se sont appuyées sur d’autres, plus récentes, tenues avec des responsables basés à Tripoli en vue d’établir une base commune permettant aux parties de « progresser sur les questions qui les divisent, dans le contexte de la perspective d’un cessez-le-feu ». Celles-ci comprennent des efforts concrets pour s’attaquer aux milices et aux éléments extrémistes, ainsi que la répartition des ressources au profit de tous les Libyens. Les États-Unis exhortent les parties à saisir cette occasion pour bâtir un avenir sûr et prospère pour la Libye.

La délégation s’est dite « gravement préoccupée par l’exploitation du conflit par la Russie au détriment du peuple libyen », résume Franceinfo.

Washington demande la fin de l’offensive Haftar sur Tripoli

La Russie a démenti les informations du New York Times, par la voix d’un haut responsable du ministère des Affaires étrangères, qui a « catégoriquement » nié la présence militaire russe en Libye. Pourtant, Moscou est « soupçonné de soutenir l’armée de l’homme fort de Cyrénaïque contre le gouvernement de Fayez al-Sarraj, basé à Tripoli et officiellement reconnu par l’ONU et la communauté internationale », souligne Franceinfo. « Soutenu également par l’Egypte et les Emirats arabes unis, Khalifa Haftar tente, depuis le mois d’avril, de prendre le contrôle de la capitale libyenne. Mais son offensive, repoussée par les forces d’Al-Sarraj qui sont appuyées par les milices locales, marque toujours le pas dans la banlieue sud de Tripoli », poursuit le média français.

Le 16 novembre, suite à une rencontre avec une délégation du Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale, Washington avait appelé l’ANL du maréchal « à cesser son offensive sur Tripoli ». Ce qui « facilitera une coopération entre les Etats-Unis et la Libye pour empêcher des ingérences étrangères indues », expliquait le communiqué.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est déchirée par des conflits fratricides. Certaines puissances étrangères sont accusées d’y mener une guerre par procuration depuis l’offensive lancée début avril par le maréchal Haftar contre la capitale libyenne, siège du GNA reconnu par l’Onu. Ces combats ont déjà fait plus de 1000 morts et 120 000 déplacés depuis avril, selon l’ONU.

N.B., avec Franceinfo, AFP et CNN

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