Guantanamo

Washington pourrait envoyer des jihadistes de l’EI à Guantanamo

L’administration Trump envisage de placer des jihadistes de l’Etat islamique (EI) dans le camp de détention de Guantanamo, a informé jeudi la chaîne américaine NBC News. Le centre de détention militaire, qui a compté par le passé 780 détenus, n’a reçu aucun nouvel arrivant depuis 2008 n’accueille plus que 40 prisonniers à l’heure actuelle, dont plusieurs personnalités d’al-Qaïda accusées d’avoir participé aux attentats du 11 septembre 2001.

Cette prison implantée dans la base américaine située dans le sud-est de l’île de Cuba pourrait être utilisée pour enfermer indéfiniment certains combattants étrangers de « grande valeur » capturés en Irak et en Syrie, dont certaines villes ont constitué des fiefs importants pour l’ancrage territorial de l’organisation jihadiste. Les détenus de moindre envergure dont les pays d’origine ne veulent pas seraient eux envoyés dans une prison gérée par les Irakiens, a avancé la chaîne américaine, qui cite des responsables américains et des diplomates européens non identifiés.

« Une option à disposition »

La commandante Sarah Higgins, une porte-parole du Pentagone, a affirmé que « personne n’a été identifié à ce stade pour être transféré à Guantanamo ». « Le centre de détention de Guantanamo Bay est une option à disposition pour l’emprisonnement à long terme des combattants ennemis », a-t-elle ajouté. « D’autres options incluent le transfert vers d’autres partenaires étrangers et des poursuites devant la justice aux Etats-Unis ».

Le recours au camp de Guantanamo attirera sans nul doute les critiques d’élus démocrates et d’organisations de défense des droits de l’homme, note également NBC News. La sénatrice Jeanne Shaheen craint que l’envoi de jihadistes à Guantanamo n’en fasse des martyrs, augmentant ainsi leur popularité parmi leurs nombreux soutiens. Un responsable d’Amnesty International interrogé par Business Insider a lui rappelé que cette tristement célèbre prison est « le symbole de la pratique de la torture par les Etats-Unis, et c’est pour ça qu’elle doit être fermée ».

Torture endémique en Irak

L’envoi de centaines de jihadistes dans une prison irakienne n’inquiète pas moins les ONG de défense des droits de l’homme. La torture y est « endémique », assure à NBC News le directeur du programme Terrorisme et Lutte antiterroriste à Human Rights Watch (HRW), Nadim Houry, qui craint également que cette solution à l’apparence provisoire ne se transforme finalement en détention à durée indéterminée. Les opposants à ces projets de détention de jihadistes dans des centres connus pour avoir exercé des actes de torture sur les détenus demandent à ce que les djihadistes qui s’en sont pris à des Américains soient jugés par la justice des Etats-Unis. L’armée américaine a d’ailleurs récemment rapatrié deux citoyens américains arrêtés en Syrie, dont les dossiers ont été portés vers la justice ordinaire qui devrait les juger pour soutien à l’EI.

Avec AFP

A voir aussi

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A ne pas manquer